RETOURS SUR L’ECOLE THEMATIQUE CNRS 1-5 JUILLET 2019 – MEZE

RETOUR SUR LE HORS LES MURS 2 JUILLET 2019 19H DEVANT LE CLUB THALASSA MEZE GRATUIT

Dans le cadre de l’école thématique CNRS organisée du 1 au 5 juillet 2019,

Artivistes-atelier a déployé son dispositif hors les murs pour présenter les moyens de mobilisation par l’art et la culture et les outils participatifs de rue, en l’occurrence nos méduses aériennes.

Un franc succès, des rires, des échanges avec les chercheurs et passants sur les usages de l’étang de Thau juste en face.

DES CHERCHEURS SPECIALISTES DES SCIENCES PARTICIPATIVES ET DES PASSANTS MEDUSES

DE LA MUSIQUE DU STREET ART DES OUTILS PARTICIPATIFS DE RUE…

… de la joie, de la bonne humeur, des échanges, une zone de démocratisation des enjeux socioenvironnementaux et surtout d’échanges entre les sciences et la société.
Spéciale dédicace à Jacques et Michelle (Chevalier), nos amis outre atlantique grands spécialistes de la RAP qui nous ont fait l’honneur et le plaisir d’animer notre école thématique.
Merci à Sylvie (Blangy) qui ne compte pas ses heures et garde le sourire en toute circonstance.
Merci à toutes et tous les participants.
Merci à nos artistes qui ont fait le déplacement Tipa Tipa et David.

 

RETOUR SUR L’ATELIER Artivistes-atelier : une ingénierie de la participation au service de l’agir climatique. Mardi 2 juillet 2019 (14h30-17h30)

Présents : 14 participants

Animateurs et porteurs : Davia DOSIAS-PERLA et Lionel SCOTTO d’APPOLONIA (Artivistes atelier)

Mot clef : Climat, RAP and Decision Making : une co-construction de l’action publique.

1. Introduction

1.1. Contexte : double déficit de mobilisation citoyenne et d’efficacité des politiques publiques « Air climat »

Partant d’un constat d’un double déficit d’efficacité des politiques publiques en faveur des enjeux climatiques et de pollutions de l’air, ainsi que celui de mobilisation et l’implication des citoyens dans le processus décisionnel, Artivistes atelier a développé un dispositif innovant en Recherche Action Participative (RAP) et d’aide à la décision publique en faveur de l’agir climatique[1].

Fort de l’expérience du projet RAP « Air Climat Santé Société & Art », financé par l’ADEME (via l’appel à projet national AACT-AIR) et visant à aider à l’action en faveur de l’air l’Agglomération Pays de l’Or nous avons développé un dispositif participatif dont l’objectif est d’être reproductible sur d’autres territoires.

Ce dispositif participatif visant à s’instituer dans la fabrique des politiques publiques intègre une ingénierie de la participation (Dosias-Perla, Scotto d’Apollonia, Blangy, 2019) conçue sur la base d’un diagnostic partagé afin de répondre à l’ensemble des intérêts des acteurs. Le design de cette ingénierie permet de se nourrir de la conflictualité dans une logique d’action. Nous avons en ce sens testé la robustesse dans sa phase d’opérationnalisation à la fois au sein du territoire pilote, d’un territoire comparatif Perpignan Méditerranée Métropole et en accompagnant les Marches nationales pour le climat sur Montpellier tout autant que les mouvements des lycéens. Le constat demeure inchangé, les conditions de mobilisation sont relativement efficaces mais les logiques d’action et d’engagement restent très nettement insuffisantes au regard de l’importance des enjeux.

1.2. Problématique de l’atelier : liens entre l’agir climatique, la RAP et l’aide à la décision publique.

La problématique de l’atelier consistait à questionner en s’appuyant sur les différentes expériences des participants, les liens entre l’agir climatique, la RAP et l’aide à la décision. Grâce à la richesse de l’hétérogénéité des participants et des contextes inhérents aux différents projets menés il s’agissait d’apporter des éléments de réponse aux questions suivantes :

(1) Comment co-construire un protocole de RAP permettant de mettre en œuvre les conditions de réplicabilité permettant de s’adapter aux spécificités des territoires dans des contextes sociopolitiques différents ?

(2) Comment mobiliser le plus largement possible les acteurs d’un territoire de manière durable?

(3) Comment traduire la mobilisation en logiques d’engagement sur le territoire ?

(4) Comment traduire les données citoyennes issues de la RAP dans les documents cadres institutionnels et plans d’actions réglementaires ?

 

1.3. Objectifs de l’atelier participatif

Co-rédaction d’un article ou d’un Varia afin de le proposer dans la revue Participations ;

Co-production d’un protocole détaillé d’un dispositif RAP à l’échelle des territoires dans une logique d’aide à l’action publique sur l’enjeu climat qui prenne en compte les différents niveaux d’avancement des projets et leur degré d’inscription dans la politique territoriale.

1.4. Production finale de l’atelier

Linéaments d’un framapad pour la co-rédaction d’un article.

Analyse des conditions de réplicabilité de l’ingénierie dans les différents contextes de projets RAP de l’atelier.

Modus operandi et mode de contrôle de production de la donnée et de l’opérationnalisation d’un dispositif de « RAP & decision making ».

1.5. Méthodologie de l’atelier

Préambule introductif : 15 MINUTES

Cadre de l’atelier et précision du positionnement Recherche Participation et Action politique.

Précision du déroulé et des objectifs

Séquence 1 : Simulation d’un atelier participatif multi-acteurs au sein d’un projet RAP & Decision making : 1H15

« Du vécu et du discours individuel à la planification de l’action sur le territoire »

Enjeu : co-construction de la donnée à corpus discursifs sur le vécu expérientiel, degré de connaissance, bouquets d’actions, enjeux, feuille de route, conditions de mise en œuvre, acteurs clés, porteurs de projets, ressources et freins à l’action.

Techniques : multiples.

Design élaboré par Davia DOSIAS PERLA.

Séquence 2 : Positionnement des projets et catégories de projets RAP : 20 MINUTES

Techniques : Familles flottantes & Graphe cartésien

Séquence 3 : Comment faire pour traduire les construits dans les projets de chaque participant ? 1H

Enjeu : co-rédaction des linéaments d’un article

Techniques : Rédaction par famille, catégorie de projets (leur état d’avancement)

Toutes les 15 minutes une pause permettra à une sentinelle qui passera dans chaque famille de relever les 3 idées majeures et questions prioritaires et de les mettre à la vue de tous sur le mur central.

Séquence 4 : Mise en commun

1.6. Techniques utilisées pour l’atelier

Familles flottantes – graphe cartésien – Mur de légendes, brise-glace élaboré par Davia Dosias-Perla et Lionel Scotto d’Apollonia – Ingénierie de la Participation élaborée par Davia Dosias-Perla (bouquets d’action, évaluation, planification) – Stakeholder rainbow analysis.

 

2. Déroulement de l’atelier

2.1. Préambule introductif

Nous avons débuté avec une petite « Bulle réflexive » : actuellement contexte de canicule qui est peu propice au travail de groupe la salle est climatisée, ce qui alimente le dérèglement climatique, sujet de l’atelier.

Présentation des objectifs de l’atelier : co-rédaction d’un article, co-rédaction d’un protocole de recherche à partir d’un outil ‘type marguerite’ de la participation mis au point par Davia et Lionel. Les animateurs proposent aux participants d’éprouver cet outil, en fonction des différents projets des participants afin de l’améliorer et le mettre à disposition d’autres projets. Proposition de publier dans la revue Participation ;

Présentation du déroulement de l’atelier : 1h30 de test de l’outil, restitution, puis co-rédaction d’un protocole de recherche.

2.2. Brise-glace :

Exercice 1 « carte du monde » : les participants se positionnent sur la carte du monde virtuelle par rapport à l’endroit d’où ils viennent pour l’Ecole thématique. Après s’être présentés de manière informelle et avoir décidé collégialement où serait le « centre du monde », les participants se positionnent dans l’espace et observe l’hétérogénéité de l’atelier.

Exercice 2 « ligne osmotique » : les participants se positionnent sur la ligne osmotique sciences/sociétés en répondant à la question :

« Où vous situez-vous dans la recherche ? Plutôt science ou plutôt société ? »

 

Puis les binômes se créent selon une consigne visant l’équilibre et l’hétérogénéité. Le participant le plus à l’extrême côté science se mettra avec le participant le plus à l’extrême côté société, et ainsi de suite jusqu’à former huit binômes.

(Un des animateurs et la personne qui prend des notes ne participant pas).


Exercice 3 « T’es qui toi ? » :
les participants s’installent donc en binôme (Exercice 2), face à face, ou côte à côte. L’un présente son projet à son binôme, et l’autre doit faire un croquis de son visage sur un bout de carton. A la fin du temps imparti (environ une minute), le dessinateur écrit au dos du croquis trois mots qui qualifient le projet qui lui a été présenté. Puis, les participants échangent les rôles. A la fin de l’exercice, tous les croquis sont rassemblés sur « le mur des légendes ».

Exercice 4 : Graphe cartésien à positionnement

Distribution de feuilles en papier où les participants inscrivent :

Le nom de leur projet

Abscisses x : Son état d’avancement de -5 à +5 (-5 = en réflexion ; +5 = fini, évalué)

Ordonnées y : L’intégration du projet dans la politique publique du territoire (dans l’intention et l’action de la politique publique), de -5 (pas intégré) à +5 (tout à fait intégré)

Les participants se positionnent sur un axe cartésien tracé au sol en fonction de ces deux variables. Ils y déposent leur carton avec le nom de leur projet et l’évaluation de leur positionnement sur le graphe et expliquent leur positionnement. Quitte à le faire évoluer en fonction des arguments de positionnement des uns et des autres.

 

2.3. Présentation du contexte du projet « Air Climat Santé Société & Art » – cas particulier pour l’atelier participatif

Afin de pouvoir exercer un processus de simulation en conditions réelles, il s’agissait de retranscrire le grain du contexte territorial en considérant une forme d’idéal-type pour le test de l’ingénierie de la participation par les participants

Contexte général du projet RAP « Air climat Santé société & art » :

Le commanditaire du projet est l’ADEME. Le territoire pilote est l’Agglomération du Pays de l’Or dans l’Hérault en phase de diagnostic de son PCET et de réalisation de son PCAET.

Territoire type pour le test avec les participants :

Nous avons choisi une commune rurale d’environ 2000 habitants appartenant à l’Agglomération pays de l’or. Cette commune se situe à 20km entre Montpellier et Nîmes.

Elle est exposée aux rejets de l’usine de valorisation des déchets OCREAL à 3km. Cette usine est sur la commune de Lunel-Vieil qui dépend de la Communauté de commune de Lunel vieil.

La commune Valergues développe une offre importante d’arboriculture et de viticulture.

Les enjeux de mobilités sont importants sur cette commune qui bénéficie d’une gare reliant à Montpellier et Nîmes faiblement utilisée, expliquant l’engorgement important des axes routiers secondaires.

Enfin, les enjeux d’urbanisme et d’habitat sont majeurs sur cette commune type de l’Agglomération Pays de l’Or avec le développement des Zones d’Activités Mixtes et de nouveaux éco-quartiers réinterrogeant les problématiques de déplacements dans le cœur de ville et avec les communes voisines ainsi que les problématiques de reverdissement vs bétonisation.

 

Contexte sociopolitique :

L’équipe élue majoritaire est de droite (LR voire divers droite) comme le Président d’Agglomération. Les opposants sont présents dans les ateliers. Le Maire est présent dans les ateliers mais demeure absent dans les commissions d’élus sur le PCAET.

 

Politiques publiques reliées/ concernées :

Les enjeux du PCAET sont imbriqués dans un étau administratif et de cohérence des stratégies territoriales et des documents cadres avec des enjeux d’échelles d’application et de compétences territoriales.

Au niveau national la Loi Mobilité notamment est concernée par les enjeux de mobilités douces/vertes.

A l’échelle Régionale le SRADETT et à l’échelle intercommunale le PPA sont les documents de références et de planification d’actions.

A l’échelle locale, la commune type a décidé de mettre en place son Plan de Déplacement Doux compte tenu du fait qu’elle a gardé les compétences voirie et circulation. Elle questionne également son PLU notamment au travers de la stratégie inter SCoT et du PLUi de l’Agglomération de l’Or.

 

Acteurs présents aux ateliers : élus majoritaires, maire, élus opposants, association des jardins familiaux, association de pétanque, association de football, association des parents d’élèves, professions libérales, socioprofessionnels (restaurateurs, agriculteurs, vignerons, arboriculteurs), parents d’élèves, directeur de l’établissement scolaire.

 

Enjeux prioritaires identifiés par les habitants et élus depuis la rue et dans l’atelier : mobilités, déchets, végétalisation, agriculture.

 

Actions existantes ou arbitrées en 2019 sur la commune type : piste verte pour piétons, projet de ZAC, jardins familiaux, passerelles vélos entre future ZAC et centre-ville, ramassages des déchets sauvages (journées balisées).

Composts collectifs et plan de déplacement doux (PDD) en cours

 

2.4. Test de l’ingénierie de la participation avec jeux de rôle

L’objectif est triple :

co-construire des objectifs de politiques publiques, en fonction du contexte exposé comme s’ils étaient les citoyens du territoire,

tester et éprouver l’ingénierie de la participation renommée l’outil « marguerite d’Artivistes »,

identifier les conditions et critères de réplicabilité de l’ingénierie dans les projets de recherche action participative des participants à l’atelier.

 

Cadrage initial :

Dans le processus classique de l’ingénierie de la participation, les enjeux émanent de l’étape de mobilisation citoyenne et artistique dans la rue en amont des ateliers (cf. Compte-rendu du dispositif de rue Artivistes) et sont ensuite soumis à un vote de priorisation en fonction de critères co-construits avec les participants en atelier participatif. Enfin, les objectifs sont co-construits en atelier directement avec les participants.

 

Pour l’exercice, les enjeux et les objectifs reliés ont été pré-inscrits sur les supports de travail à partir de résultats de la commune-test. L’un des groupes travaille sur le thème de la mobilité et l’autre sur les déchets.

 

Enjeux Objectifs
Mobilités Développer les aménagements pour piétons et vélos en centre-ville et avec les communes voisines
Déchets A définir

 

Dans le processus classique des ateliers participatifs du projet « Air Climat Santé Société & art » nous observons une hétérogénéité des catégories d’acteurs, des genres et des tranches d’âge.

 

Catégories d’acteurs Habitants non investis dans des associations ou dans partis politiques Associatif (membre, président(e)) Elu majoritaire (maire) Conseillers municipaux (opposants et majoritaires) Agents techniques des institutions locales Professions libérales Agriculteurs, arboriculteurs, viticulteurs, maraichers

 

 

Design général de l’ingénierie de la participation Artivistes-atelier

Le design de l’ingénierie de la participation est conçu comme un outil pour décider ensemble et s’intègre dans le dispositif RAP. Cette ingénierie représente un outillage analytique de Recherche au service de l’Action et de la Participation. Nous exposons ci-dessous les différentes phases de cette ingénierie (Dosias-Perla, Scotto d’Apollonia, Blangy, 2019, p. 13) sur laquelle s’est appuyé l’exercice de simulation dans le cadre de l’école thématique CNRS.

La phase de diagnostic a permis de concevoir un design d’atelier participatif, une ingénierie de la participation permettant une co-construction de la politique publique tout en créant les conditions d’intégration des citoyens évitant les écueils du « participationnisme » (Aldrin, Hubé, 2016). Le diagnostic partagé a permis de créer un cadre référentiel commun notamment sur les enjeux de la participation, la place des chercheurs du projet et de la structure Artivistes, le rôle des acteurs locaux et des institutions dans la démarche générale. Ces aspects co-construits permettent de proposer une ingénierie de la participation avec un potentiel évolutif et adaptatif à chaque territoire.

L’ingénierie de la participation s’avère un outil pour décider ensemble efficace en vue d’une action environnementale. Elle permet de :

(i) co-construire des objectifs du territoire pilote sur la base des perceptions des enjeux ;

(ii) établir avec les acteurs l’état des lieux des actions et des projets existants ;

(iii) évaluer de manière démocratique et sur la base de critères co-construits l’efficacité des actions en cours ou passées ;

(iv) co-construire un plan d’actions intégrant les indicateurs d’efficacité ;

(v) programmer les actions en identifiant les acteurs clés et porteurs d’un plan d’actions à l’échelle communale et intercommunale avec des indicateurs de suivi et d’efficacité́ des actions dans le temps comme indiqué via les différentes étapes de l’Ingénierie.

Idéalement, l’ingénierie de la participation s’applique à des échelles micro-locales et bénéficie du dispositif de mobilisation artistique de rue Artivistes en amont des ateliers participatif en vue de potentialiser les effets de l’ingénierie. Pour autant, elle peut se décliner à différentes échelles administratives (municipalité, collectivité territoriale) et dans des contextes sociaux très différents indépendamment de la mobilisation citoyenne en amont (comme par exemple sur la commune de Lansargues, la mobilisation a été annulée pour raison d’intempéries importantes)[2].

Le design de l’ingénierie est découpé en trois étapes :

 

ETAPE 1 : Co-construction des bouquets d’actions (voir figure 1).

Les participants co-construisent des bouquets d’actions existantes ou non en évaluant leur efficacité sur une échelle de 0 (inefficace) à 5 (efficacité maximale) au moment de l’atelier et sur une échelle de temps dont ils déterminent la pertinence. Les échanges permettent de faire émerger les premiers freins et leviers à l’action. Un second atelier permet d’approfondir ces résultats dans une logique de planification.

Cette étape est le cœur de l’ingénierie, elle peut se décomposer en deux ateliers participatifs complémentaires. Le design du premier atelier central se décompose en huit étapes (voir schéma ci-dessous). Ces étapes permettent de co-construire les linéaments d’une politique publique : de l’identification d’actions à leur mise en œuvre en passant par l’évaluation de leur efficacité. Ce design est conçu pour permettre l’expression du dissensus et de réguler la conflictualité de manière positive, c’est à dire de laisser la place au débat et aux controverses en privilégiant la logique d’action. Sur le plan ontologique, les acteurs sont d’accord pour débattre de solutions à co-construire tout en acceptant les oppositions sur le plan axiologiques intégrant les aspects politiques, les normes et les valeurs tout en mobilisant un métissage des expertises celles des chercheurs présents et celles expérientielles des autres acteurs.

Sur le plan de la recherche il s’agit de construire des données de deux types : les productions écrites des participants et l’enregistrement des débats de chaque lors de l’atelier et idéalement doublé avec de la vidéo. De plus un observateur dédié par table de travail note sur son cahier toute une somme d’informations : les postures, l’usage des téléphones, les discours, le temps de prise de parole, etc. Lors des échanges informels autour des tables émergent les critères d’efficacité et les représentations d’efficacité des actions permettant d’atteindre l’objectif central. L’évaluation partagée est le socle de la planification des actions et préfigure l’étape 2.

 

Figure 1 Phase 1 de l’Ingénierie de la Participation pour l’élaboration des PCAET créée et développée par Davia Dosias Perla

 

DESIGN ETAPE 1 OBJECTIFS – DEROULE
Présentation Temps de cadrage et présentation des objectifs de l’atelier et du déroulé. Parfois l’exercice se fait avec la prise de parole d’experts, chercheurs, ou élus.
CHOIX DES ENJEUX A L’ECHELLE DE LA COMMUNE Les participants se lèvent et créent des familles d’enjeux qu’ils souhaitent traiter et se réunissent par table en présence d’un facilitateur Artivistes.

 

CO-CONSTRUCTION DES OBJECTIFS Autour de chaque table, les participants débattent librement et s’accordent sur un objectif à atteindre (les autres objectifs sont inscrits sur le bas de la feuille et pourront être traités ultérieurement. L’objectif est inscrit au centre du support.
CO-CONSTRUCTION DES ACTIONS Les participants débattent des actions à mettre en place ou à renforcer pour atteindre l’objectif. Ils tracent un rayon et écrive au bout du rayon l’action.
EVALUATION DES ACTIONS ET CRITERES DE SYIIVI

 

Les participants tracent sur chaque rayon une graduation de 0 à 5 correspondant et évaluent et indiquent l’efficacité de l’action à T0 (c’est-à-dire au moment de l’atelier) et suivant l’échelle de temps pertinente (par exemple T+1 = 1 an, T+5 = 5 ans) le niveau d’efficacité qui pourraient être atteint.
IDENTIFICATION DES ACTEURS CLES Les échanges ébauchent les prémisses de l’identification des acteurs intervenant dans la mise en œuvre et la réalisation de l ‘action. identification des délégations administratives.
CAROUSSEL

 

Les participants sont invités ensuite à tourner de table. Le facilitateur synthétise le travail effectué. Les participants peuvent amender, corriger ou ajouter des actions suivant le protocole défini précédemment. A intervalle de temps de plus en plus réduit l’ensemble des participants interviennent ainsi sur chaque enjeu.
SYNTHESE En plénière, un participant par enjeu synthétise le travail qui est librement commenté.

 

ETAPE 2 : Indentification pondérée des acteurs clés et co-construction d’indicateurs de suivi et d’efficacité des actions (cf. figure 2).

Cette deuxième étape permet d’identifier les acteurs clés et de leur positionnement dans la planification et la conduite de l’action. Le design de cette étape s’appuie sur un travail de recherche préalable (Dosias Perla et al., 2018).

Cette étape permet de créer les linéaments pour la traduction des bouquets d’actions citoyennes en plans d’actions publics aux échelles de la municipalité et de la collectivité territoriale. Ce travail est possible en suivant les étapes clés de cette deuxième étape et notamment en identifiant les différentes délégations de gestion, de contrôle, de suivi et de réalisation des actions.

 

 

Pour ce faire les participants suivent le design ci-dessous :

Design de l’étape 2 Objectif – déroulé
Synthèse de l’atelier 1 Amendements par les participants
Identification des acteurs clés par familles d’enjeu Identification de porteurs ou partenariats potentiels et analyse de leur degré d’influence sur l’action et des effets de l’action sur ces acteurs et l’institution.

Planification de la mise en œuvre des actions prioritaires et identification des indicateurs de suivi pour l’efficacité des actions.

Analyse des acteurs clés : stakeholder rainbow analysis
Identification des ressources et freins à l’action
Identification des indicateurs Co-construction des indicateurs permettant de déterminer l’efficacité des actions.
Mise en commun Stratégie partagée et validée par les participants. Suites à donner (traduction).

ETAPE 3 : Traduction dans les documents cadres

Cette étape consiste à traduire les actions en fonction des délégations de compétences et de services en regard des orientations stratégiques des communes et de la collectivité (échelle locale avec PLU, Plan de Déplacement ou de Mobilité, Stratégie Agenda 21 et au niveau du PCAET).

Sur le plan de la recherche, les débats portant sur la planification et l’efficacité des actions aux échelles locales permet d’interroger toute la complexité du millefeuille institutionnel. En effet, les différentes échelles de délégation émergent lors du processus propre à l’ingénierie et rendent compte de la complexité des logiques d’actions inhérentes à nos institutions.

Design de l’atelier de simulation de l’ingénierie :

 

 

Contexte réel de la commune-test :

A l’heure de l’atelier aucune infrastructure ou aménagement n’existe. Un projet de ZAC (Zone d’Activité Commerciale) va impacter les usages de transports et les décisions d’aménagement et les plans de circulation.

Enjeu de l’ingénierie dans ce cas de figure :

Les citoyens et les élus doivent co-construire un diagnostic partagé sur la base d’un état de l’existant (limites et apports).

Discussions autour de l’objectif pour faire un plan d’action :

Test de l’ingénierie et échanges avec l’animateur. Puis, à la fin du temps imparti, ils changent de table (et donc de thème), la personne ressource reste à la même table.

Les participants déroulent les différentes étapes en se répartissant suivant deux tables de travail sur lequel les enjeux sont déjà fixés « Mobilités » ou « Déchets ».

Les participants sont invités à prendre le rôle des acteurs qui participent à l’atelier. Sur la base de la première étape de l’ingénierie (voir figure page suivante) de la participation Artivistes-atelier, (qui se découpe elle-même en 8 étapes), les participants sont amenés à jouer les rôles des différents acteurs. Ils ont ainsi fixé un objectif et débattu des actions en évaluant l’efficacité au moment du débat et en projetant sur l’échelle de temps qu’ils estiment pertinentes l’efficacité de l’action. Les débats permettent de faire émerger les freins à la mise en place de l’action (en rouge) ainsi que les leviers (en bleu).

 

Enjeu : Mobilités. Objectif co-construit par les citoyens en atelier du projet ACS&ART « développer les aménagements pour piétons et vélos en contre ville et dans les communes voisines »

 2.5. Analyse et retours réflexifs sur l’ingénierie testée (étape 5)

Il s’agissait de faire un retour critique et réflexif sur l’ingénierie sur la base de son adaptabilité aux différents projets portés par les participants. Nous avons opté pour l’anonymat des personnes dans les retours d’expérience.

 

L’ingénierie conviendrait-elle à mon projet ? Et pour quelles raisons ?

Serait-il possible de répliquer l’ingénierie pour co-construire des protocoles de recherche qui l’intègrent et qui pourraient s’adapter aux contextes des différents projets dans un temps long ou court ?

 

L’outil ne conviendrait pas car :

(1) L’objectif visé pour un des porteurs de projet n’est pas le même et se limite aux aspects collaboration du R de la Recherche mais sans inscription dans le A de l’action.

=> limite des projets non inscrits en RAP.

(2) Il est non adapté pour les projets utilisant une plateforme ludique virtuelle et du marketing pour mobiliser les citoyens à une large échelle ça ne conviendrait pas. De plus, leur plateforme ne vise pas à s’ancrer à l’échelle d’un territoire mais à se propager à l’échelle globale.

(3) Il n’est pas adapté au projet ne faisant ni appel au collectif ni aux politiques publiques.

(4) Le contexte de son projet est trop différent car dans un pays du « Sud », où il y a beaucoup de facteurs autres et importants à prendre en compte : l’ethno-religion, le symbole, et cet outil est adapté et centré sur des contextes occidentaux.

 

Þ Dans le cadre de cet atelier les limites de l’outil sont inhérentes à la nature des autres projets parce qu’ils ne visent pas à la fois à s’inscrire dans une logique RAP et de décision politique. Les conditions d’applicabilité et de reproductibilité impliquent de développer le projet dans un contexte occidental et dans un processus d’institutionnalisation afin d’avoir une volonté d’ancrage fort dans les politiques publiques.

 

L’outil conviendrait car :

(1) Parce qu’il a une capacité à développer à la fois les trois composantes de la RAP, la Recherche, l’Action et la Participation.

(2) Il est particulièrement pertinent par sa capacité à permettre une jauge importante de participant facilement à la fois pour la Recherche et pour l’Action simultanément.

(3) L’ingénierie permet de réguler la conflictualité et de mettre l’ensemble des personnes autour de la table.

(4) L’outil stimule la créativité et permet une véritable co-construction. Ce design peut permettre de développer une phase de conception du projet afin de s’accorder entre participants et pour identifier en amont les critères visant à évaluer la réussite d’un projet (outil transposable aussi pour évaluer les objectifs)

(5) L’outil permet un montage efficace du projet.

(6) Il permet de réguler convenablement les asymétries de pouvoir.

(7) Sur le plan visuel il permet d’éclaircir des objectifs communs et le format de l’outil (sur fond noir) est classe. Ce pourrait être un outil intéressant pour clarifier sous forme de représentation graphique les leviers, freins et intérêts.

Þ De manière générale, l’ingénierie de la participation est reconnue pertinent à intégrer dans un dispositif de recherche visant à l’action en tenant compte des expertises individuelles et expérientielles. Cet outil de recherche est jugé pertinent par sa capacité d’adaptation aux contextes, aux enjeux et aux publics. Le rôle et la posture de la personne ressource est important. Aussi un besoin de formation par le projet est nécessaire.

2.6.  Proposition d’un plan pour l’article par les animateurs :

Le retour critique « pépites et râteaux » a permis d’ouvrir la discussion sur les éléments nécessaires à la co-rédaction d’un article sur la base de cet atelier. Il apparait nécessaire de faire un premier travail théorique afin de partager des articles scientifiques en commun. Bien que la majorité des participants aient déjà une certaine expérience dans la RAP, les projets, les approches théoriques et méthodologiques restent hétérogènes. Cela met en évidence un peu plus l’absence de cadre commun de référence qui illustre la diversité des pratiques mais tout autant un manque de structuration épistémologique du champ.

Les débats se sont alors orientés vers les conditions de mise en place, de (re)contextualisation et structuration en amont des projets afin de pouvoir intégrer ce type d’ingénierie. Ce dispositif RAP permet de développer une démarche d’approche compréhensive qui prend en compte l’expertise technique et l’expertise citoyenne, cependant l’aspect techniciste limite son applicabilité à la volonté de jouer le jeu de l’institutionnalisation ce qui n’est pas sans représenter des risques. De plus tous les participants ne partagent pas que le fait de prendre en compte tous les avis potentialisent de l’action et considèrent que l’expertise scientifique peut prévaloir dans certains cas.

Inversement d’autres participants n’ont pas une volonté d’instituer leur projet, préférant un modèle militant considérant que le rapport de force pour faire bouger les lignes plus efficacement. Cette question mérite un débat très large, le mouvement des gilets jaunes et la convention citoyenne pour le climat qui a suivi à l’automne 2019 met un peu plus en lumière la nécessité de questionner en profondeur les évolutions des modalités de régulation des prises de décisions politiques encore fortement ancrées dans un modèle représentatif qui atteint ses limites. Cependant comme ne pas tomber dans le biais de la conférence citoyenne, mainte fois mis en avant dans de nombreux travaux critiques. Un participant met en perspective les potentiels effets positifs de la digitalisation comme outil démocratique et ouvre le débat sur la place et le rôle des Civic Tech.

 2.7. Bilan :

L’objectif initial de l’atelier a été modifié en raison d’une très grande hétérogénéité des projets. Si globalement, le test de simulation permet de confirmer la robustesse de l’ingénierie et sa pertinence dans le cadre du projet Artivistes-atelier, il met tout autant au jour les limites de son champ d’application sur le plan de l’action. En effet, les logiques d’engagement et de volonté d’action visant une institutionnalisation du dispositif RAP ne vont pas de soi. De plus sur le plan de Recherche, les résultats de cet atelier soulignent un peu plus fortement le fait que les sciences humaines et sociales en encore plus la RAP ont du mal à poser leurs critères de scientificité. L’ambition est de faire valoir la RAP dans le champ scientifique demande aux acteurs pratiquant la RAP un effort critique et réflexif en interne. Ce type d’ingénierie apparait comme un outillage analytique heuristiquement fécond à la fois sur le plan de la Recherche de l’Action et de la Participation et permet de nourrir le débat sur la RAP du futur. Elle permet de sortir de la logique du tool kit et de s’inscrire pleinement dans une perspective de Recherche tout en potentialisant les aspects Action et Participation. La délimitation de son champ d’applicabilité et de réplicabilité permet d’offrir une base comparative de construction des données suffisamment homogène pour nourrir l’analyse de la fabrique participative des politiques publiques sur les enjeux climatiques.

[1] Nous définissons l’agir climatique comme une déclinaison de l’agir environnemental (Bertrand, 2012 ; Larrère, Larrère, 2015), c’est-à-dire un agir politique qui se distingue de l’agir technique en prenant en compte à la fois la fabrique et le pilotage des politiques publiques.

 

[2]Cette ingénierie avec la phase de mobilisation en amont a été transposée dans le cadre de l’accompagnement des marches pour le climat et des débats lycéens et du mouvement Youth for Climate et permis de développer au printemps 2019 un dispositif éducatif Artivistes qui sera pilote à l’échelle de l’Académie Occitanie (2019-2020).

 

POUR RAPPEL: LA RECHERCHE ACTION PARTICIPATIVE AU COEUR DES  SCIENCES EN SOCIÉTÉ:  BILAN – ENJEUX – PERSPECTIVES

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Nous avons le plaisir de vous annoncer la tenue de l’école thématique « recherche action participative », AU COEUR DES SCIENCES EN SOCIÉETÉ. BILAN – ENJEUX – qui se tiendra du 1 au 5 juillet 2019 à Mèze au bord de l’étang de Thau dans le village Village Club Thalassa.

L’école thématique 2019 se déclinera en deux temps : 1 ou 2 jours de formation à la RAP suivi de 4 jours d’ateliers en co-production en mode RAP.

Les pré-inscriptions sont ouvertes jusqu’au 17 mai 2019 sur le lien suivant : https://ecolethematique.sciencesconf.org/registration/index selon les modalités précisées sur la page de cet événement.

Dans le formulaire d’inscription merci de préciser si vous souhaitez proposer une offre de formation le lundi et l’animation d’un atelier en coproduction du mardi au vendredi.

Les candidatures seront examinées par un comité de sélection. Les animateurs des ateliers sélectionnés seront accompagnés dans le design et l’animation de leur atelier. L’offre d’atelier sera retenue si le nombre de participants est suffisant.

Le planning définitif de cet événement qui a reçu le soutien du CNRS sera en ligne sur le site de sciencesconf dès que nous aurons sélectionné les ateliers en co-production.

Au plaisir de vous rencontrer

Comment développer une ingénierie et une science de la participation?

 Objectifs : Cette nouvelle école thématique 2019 sera orientée vers la co-construction, le réseautage et l’approfondissement des moyens habiles de la RAP. Elle permettra également de proposer des temps de partage et de travail collectif autour de projets de recherche en cours, de mener à bien des ateliers de co-production et de design d’événements tout en créant de nouvelles alliances. Il s’agit donc de renforcer la communauté de la RAP et des sciences citoyennes au niveau national tout en mettant en réseau des acteurs expérimentés en vue d’apprendre et de collaborer dans une synergie multipartite.

Contexte : L’école thématique 2019 fait suite à celle de 2016. En 2016 nous avons réuni 50 personnes dont 13 doctorants sur 5 jours. L’école a été animée tout le long par Jacques Chevalier qui nous a apporté un cadre et des fondements théoriques, puis guidé dans des ateliers parallèles et accompagné dans une réflexion sur la RAP du futur. L’école a permis de faire avancer et de consolider les pratiques liées à la RAP (Recherche Action Participative) en France, en rassemblant et en fédérant des chercheurs et acteurs clés ayant de l’expérience dans ce domaine. Le format proposé se voulait innovant par rapport aux formations « classiques ».

Nous avons donné la priorité au partage et à l’échange et aux ateliers de travail en groupe. Nous avons focalisé notre réflexion à partir des projets de chaque participant et de leurs interactions en utilisant les techniques de la RAP. Cherchant à proposer une démarche résolument participative et à s’extraire de l’exposé des savoirs de chacun, il s’agissait ainsi de partager nos acquis et de mettre en débat les difficultés rencontrées et les limites identifiées.

Un documentaire de 8 mn a été produit par Pascaline Bourgain

Voici le lien sur Youtube.

Lieu:

Village Club Thalassa – 13 Rue Méditerranée – 34140 Mèze (étang de Thau) Au bord de l’étang de Thau

Coût: Ecole thématique

Etudiants (Doctorants):   250€ TTC – Associations: 450€ TTC – Chercheurs extérieurs: 900€ TTC – Formation professionnelle: 1200€ TTC

Coût: Formation RAP optionnelle

Participants (tarif unique) :   100€ TTC

Durée: 5 jours

L’inscription à l’école thématique correspond à un engagement de 5 jours répartis en deux temps, soit 1 jour de formation suivi de 4 jours de co-production.

 Sélection:

Le nombre de places est limité à 50, Les participants seront sélectionnés en fonction des renseignements portés sur la fiche de pré-inscription et les réponses à l’appel à projet en lien avec les ateliers de co-formation et ceux de co-construction.

Contacts:

Sylvie Blangy : sylvie.blangy@cefe.cnrs.fr

ecolethematiquerap@gmail.com

CONTENU

L’école thématique 2019 se déclinera en deux temps : 1 jour de formation à la RAP suivi de 4 jours de co-production et d’ateliers.

I-Formation (de 1 à 2 jours) :

Jacques Chevalier et Michelle Bourassa animeront la journée de formation avancée du lundi (obligatoire) et nous proposent une journée introductive optionnelle à la RAP le dimanche avant le démarrage de l’Ecole thématique pour ceux qui souhaitent se mettre à niveau.

Dans un deuxième temps, du mardi au vendredi, des ateliers seront proposés autour des problématiques identifiées précédemment dans l’appel à projet.

II-Ateliers en co-production (4 jours) :

Les candidats soumettent un projet qui sera examiné par un comité de sélection. Les animateurs des ateliers sélectionnés seront accompagnés dans le design et l’animation de leur atelier. Une liste des thèmes possibles est proposée ci-dessous

Ateliers de co-productions possibles :

  • Design d’événements à venir et combo de techniques
  • Création et test de dispositifs stables
  • Développement d’un réseau et d’ententes de collaboration
  • Conception ou évaluation de programmes de sciences citoyennes
  • Création de plateforme numérique de recherche en ligne
  • Résolution de problèmes (trouble shooting, en contexte)
  • Montage et ingénierie de projet en vue d’une demande de subvention
  • Analyse de pratiques (aspects cliniques de la RAP)
  • Co écriture dans le but de diffusion (poster, mémoire, thèse, article, livre)
  • Conception d’un enseignement (universitaire, secondaire) en mode RAP

Page web de l’école Thématique : http://websie.cefe.cnrs.fr/gdrparcs/?p=110

 

Manifeste : Notre société est confrontée aujourd’hui à des crises majeures (changement climatique, perte de la biodiversité, crise économique, épidémies, …) dont la résolution nécessitera l’implication pleine et entière des citoyens. L’engagement aux côtés de chercheurs pour réfléchir ensemble aux questions sociétales et imaginer des solutions est la clé pour devenir acteur des décisions prises et ainsi passer à l’action.           Dans ce contexte, une nouvelle éthique des relations entre Science et Société se dessine, et les nombreux qualificatifs qui peuvent être regroupés sous l’expression « Sciences Participatives » prennent tout leur sens : il ne s’agit plus d’extraire les observations ou connaissances du citoyen afin d’alimenter la base de données du chercheur, mais bien de co-construire avec le citoyen des projets de recherche adaptés dont le déroulé sera caractérisé par une collaboration permanente aboutissant à une meilleure compréhension des phénomènes et à l’élaboration conjointe de solutions, condition pour une acceptation sociétale efficace. GDR PARCS

Modalités d’inscription :

Les pré-inscriptions se font en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://ecolethematique.sciencesconf.org/registration/index

La date limite de pré-inscription est fixée au 30/04/2019

En cas d’annulation moins de 10 jours avant le début de l’école thématique, l’intégralité du montant de l’inscription ne sera pas remboursée. Les inscriptions et règlements se feront une fois les candidatures acceptées, par le biais du site Sciencesconf et de ColloqueAzur. Nous vous informerons de la procédure à suivre par mail.

Comité scientifique :

Sylvie Blangy- Bertrand Bocquet – Michelle Bourassa – Jacques Chevalier – Isabelle Chuine – Davia Dosias-Perla –   Jean- Michel Fourniau- Xavier Hulovens- Jean-Marc Lange- Christian Michelot – Pascal Monestiez – Véronique Planchot – Christian Reynaud – Christophe Roturier – Lionel Scotto d’Apollonia –Delphine Sicard-

Comité d’organisation :

Clément Barniaudy – Sylvie Blangy- Bertrand Bocquet – Michelle Bourassa – Jacques Chevalier- Gaëlle Darmon – Simon De Muynck -Paula Dias – Davia Dosias-Perla –   Martine Legris – Pascal Monestiez –  Véronique Planchot- Christian Reynaud – Lionel Scotto d’Apollonia – Delphine Sicard- Emmanuelle Sultan – Etienne Toffin – Frédéric Torterat –

Les outils et méthodes pour mener de tels projets existent et ont démontré leur efficacité. Ils sont réunis sous le nom de « Recherche Action Participation« , ou « RAP« , que l’on pourrait aussi appeler sciences citoyennes engagées. L’expression « Recherche-Action Participative » nous semble la plus adaptée pour désigner l’ensemble des dispositifs concernés, puisqu’elle admet toutes les variations dans les trois dimensions caractéristiques de ces approches (production de connaissance par la RECHERCHE, application à des problématique concrètes dans l’ACTION, et implication des citoyens à travers leur PARTICIPATION à toutes les étapes).

SEMINAIRE: DE LA DEMOCRATISATION DES POLITIQUES PUBLIQUES Air Climat Santé 4 et 5 juin 2019

DE LA DEMOCRATISATION DES POLITIQUES PUBLIQUES sur les enjeux Air Climat Santé :

Retours d’expériences et réflexions croisées sur la transformation de gouvernance et le processus participatif de la décision publique.

PROGRAMME

Mardi 4 juin 2019

18h00 : Brasserie Le Dôme, 2 av. Clémenceau Montpellier

« Des freins à l’action : des alertes à couper le souffle. Le citoyen, le climat et la qualité de l’air »

Autour de Francis Chateauraynaud (GSPR – EHESS) en présence des chercheurs Pierre Camps (Géosciences Mtp) et Davia Dosias-Perla (ARTDev) et de politiques : Jean-Louis Roumegas (ancien député, rapporteur de la loi sur la qualité de l’air) animé par Lionel Scotto d’Apollonia (Artivistes, GDR PARCS, LIRDEF)

20h00 : Concert LEILA NEIGRAU en duo avec OLIVIER ROMAN GARCIA

Mercredi 5 juin 2018 (MSH SUD)

9H Ouverture présentation par Lionel Scotto d’Apollonia

9H15 : « État des lieux politiques publiques sur l’air en France : citoyens, experts et politiques efficaces » Florian Charvolin.

Table Ronde 1 : Vers une gouvernance citoyenne de la qualité de l’air ?

10H00 : Présentation de l’état d’avancement du projet ACS&ART et cadrage technique par Davia Dosias-Perla (UMR ART Dev / GDR PARCS) et Lionel Scotto d’Apollonia (Artivistes-atelier, GDR PARCS, LIRDEF).

10H20 : Biosurveillance de la qualité de l’air en lien avec le projet ACS&ART par Pierre Camps (UMR GM) et Lionel Scotto d’Apollonia (Artivistes-atelier, GDR PARCS, LIRDEF).

Discutant : Florian Charvolin

Pause

11H15 Table Ronde 2 : Co-construction des indicateurs d’efficacité : enfumage ou avancée démocratique ?

Cadrage sur les indicateurs – Cyrille Ferraton (UMR 5281 ART-Dev)

11H30 : Exemple de projets de recherche sur des indicateurs participatifs environnementaux / Evaluation des politiques publiques de développement durable et l’évaluation participative (Émeline Hassenforder IRSTEA)

Discutant : Philippe Zittoun

Repas

Table Ronde 3 : L’action en faveur de la qualité de l’air est-elle possible ?

14H : Titre (Francis Chateauraynaud, GSPR EHESS)

Table Ronde 3 : L’action en faveur de la qualité de l’air est-elle possible ?

14H : Face aux effets d’inertie, quelles prises collectives pour les porteurs de cause ? Sociologie pragmatique et théories des systèmes (Francis Chateauraynaud, GSPR EHESS)

Discutant : Lionel Scotto d’Apollonia

15H00 : Atelier participatif multi-acteur : Enfin une solution pour passer à l’action ? Avantages et limites de l’ingénierie de la participation pour intégrer des bouquets d’actions dans les PCAET et bilan de la journée.

 

Dossier thématique sous la direction de :

  • Lionel SCOTTO D’APOLLONIA
  • Davia DOSIAS PERLA
  • Cyrille FERRATON

 

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

Blondiaux, L. et Fourniau, J-M. 2011 – « Un bilan des recherches sur la participation du public en démocratie : beaucoup de bruit pour rien ? », dans Participations, Vol 1, p. 8-35.

Charvolin, F. et al. 2015 – Un air familier. Socio histoire des pollutions atmosphériques. Paris : Les Mines, Paristech.

Chateauraynaud, F., Debaz, J. 2013 – De la métrologie en démocratie. La nouvelle vague des capteurs-citoyens, chapitre du rapport GSPR/ANSES, publié dans Socio-Informatique et Argumentation, 30 septembre.

Chevalier, D. et al. 2007 – La dialectique de la mobilisation et de l’injonction dans la « petite fabrique locale » du développement urbain durable, Urbia.

Dosias-Perla, D. et al. 2018 – « La fabrique participative de la qualité de l’air: Atelier Artivistes » dans ISTE Editions.

Hezri, A. et Hasan, M-N. 2004 – « Management framework for sustainable development indicators in the State of Selangor, Malaysia », dans Ecological Indicators 4, 287-304.

Jacob, S. 2005 – Institutionnaliser l’évaluation des politiques publiques. Étude comparée des dispositifs en Belgique, en France, en Suisse et aux Pays-Bas. Presses interuniversitaires européennes, 271p.

Lascoumes, P. et al. 2014 – Le développement durable. Une nouvelle affaire d’État. Paris : PUF.

Massard-Guilbaud, G. 2010 – Histoire de la pollution industrielle : France, 1789-1914. Paris : Éditions de l’EHESS. Mermet et al. 2005 – « L’analyse de la gestion environnementale : un cadre théorique pour penser l’efficacité en matière d’environnement », dans Natures Sciences Sociétés, Vol. 13, no. 2, pp. 127-137. Salles, D. 2006 – Les défis de l’environnement. Démocratie et efficacité.  Paris, Syllepses.

Scotto d’Apollonia, L. et al. 2019 – De la biosurveillance participative de la qualité de l’air, Revue Technique de l’ingénieur.

Zarka, Y-C. 2009 – « L’évaluation : un pouvoir supposé savoir », dans Cités, Vol. 1, no 37, pp 113-123. Zittoun, P. 2009 – Des indicateurs pour gouverner : boussoles ou miroirs déformants, Paris : collection Recherche du PUCA, n°196.

 

 

Résumés

État des lieux politiques publiques sur l’air en France : citoyens, experts et politiques efficace

Florian Charvolin (CNRS, Centre Max Weber)

La pollution atmosphérique n’a pas été conçue, mesurée et réglementée de manière uniforme au cours des cent dernières années en France. D’une mesure frustre et centrée sur les fumées et les odeurs sortant des cheminées, documentable par tout un chacun, elle a évolué en même temps que les sources de pollution vers un élément imperceptible, diffus, uniquement mesurable par un appareillage de plus en plus technique, et par un maillage de surveillance du territoire national. La communication retrace cette évolution de la technicisation de la mesure et de la régulation, qui aboutit paradoxalement dans les années récentes à une individualisation de la connaissance de l’exposition à la pollution de l’air, potentiel préalable d’un retour de la population à la maîtrise de son environnement proche.

 

Présentation de l’état d’avancement du projet ACS&ART et cadrage technique

Davia Dosias-Perla (UMR ART Dev) et Lionel Scotto d’Apollonia (Artivistes-atelier, GDR PARCS, LIRDEF)

Le document cadre publié en avril 2019 émanant de l’évaluation de l’action citoyenne dans la transition écologique et solidaire vers des modes de vie plus durables souligne le rôle des institutions vis-à-vis des initiatives citoyennes. En effet, ces démarches nécessitent de mobiliser l’intelligence collective et d’expérimenter sans créer d’inégalités, en prenant en compte des asymétries de pouvoir. Nous allons présenter les premiers résultats du projet Air Climat Santé Société & Art en Recherche Action Participative s’inscrivant dans ce mouvement de démocratisation des enjeux sociaux environnementaux. Ce projet vise à aider et accompagner la construction du Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) du territoire pilote et partenaire de l’Agglomération du pays de l’Or afin de répondre au double déficit de prise en compte efficace de l’air dans les politiques publiques et de déficit d’implication des citoyens dans le processus de décision. Nous présenterons les modalités de co-construction de l’ingénierie de la participation élaborée, le dispositif test et la démarche méthodologique inhérente à son élaboration. Cette ingénierie de la participation apporte des éléments concrets de réponse ouvrant des perspectives de réplications à l’échelle d’autres territoires et représente en soi un premier élément de réponse permettant d’aider les collectivités dans l’intégration des citoyens dans les processus décisionnels. Dans un processus critique et réflexif nous discuterons des limites intrinsèques au dispositif et la façon dont il s’insère dans l’obligation légale de concertation citoyenne au sein de la collectivité pilote. Il permet de nourrir la réflexion sur les processus de démocratisation des enjeux environnementaux.

Premiers résultats du projet Particip’Air : de la biosurveillance de la qualité de l’air

Pierre Camps (UMR GM) et Lionel Scotto d’Apollonia (Artivistes-atelier, GDR PARCS, LIRDEF).

Nous proposons de présenter les premiers résultats du programme de recherche intitulé Particip’Air (ou BREATHE). Ce programme particulièrement innovant mobilise un dispositif associatif : Artivistes-Atelier et articule une approche en Recherche Action Participative pour la prise de décision politique avec un programme de Sciences Citoyennes permettant de mesurer la concentration de polluants atmosphériques par la collecte de filtres passifs naturels (feuilles de végétaux) ou artificiels et d’identifier l’origine des polluants atmosphériques. Ce projet tend à apporter des solutions au double déficit persistant de mobilisation citoyenne et d’efficacité des politiques publiques. Résolument critique et réflexif, notre projet vise à intégrer les citoyens dans tous les modes opératoires : de la métrologie à partir de collecte de plantes dans leur jardin ou sur leur balcon répondant aux normes en vigueur, jusqu’aux ateliers participatifs pour la prise de décision politique grâce notamment à la construction de cartes hautes résolutions de la source d’émission des dépôts de polluants métalliques d’origine anthropique sur les plantes et l’implantation d’un laboratoire citoyen CNRS « Zefyr Lab » sur le terrain d’expérimentation. En ce sens, le projet apporte une réponse concrète aux collectivités en développant une ingénierie de la participation s’inscrivant le cadre légal de l’élaboration et de la mise en œuvre du Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET).

 

Exemple de projets de recherche sur des indicateurs participatifs environnementaux/Evaluation des politiques publiques de développement durable et l’évaluation participative

Émeline Hassenforder (IRSTEA)

Cette présentation retrace trois expériences dans lesquelles des citoyens ont pris part à l’élaboration de politiques publiques dans le champ environnemental et à leur évaluation : la révision du schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) de la rivière Drôme, la stratégie nationale de la Direction Générale de l’Aménagement et de la Conservation des Terres Agricoles en Tunisie et la révision du Plan Local d’Urbanisme de la commune de Saillans (26). Dans ces trois cas, des groupes citoyens et/ou des acteurs concernés ont participé au cadrage du suivi-évaluation (SE) et ont mis en place des outils pour suivre et évaluer les processus participatifs. Ces expériences interrogent notamment les présomptions sous-jacentes à l’évaluation participative : c’est-à-dire qu’elle permettrait au groupe d’évaluateurs de monter en compétence, de s’impliquer dans l’action publique, d’identifier des questions d’évaluation pertinentes localement, et d’améliorer la précision et la pertinence des rendus. Elles questionnent également le lien entre ingénierie de la participation et évaluation participative.

 

Face aux effets d’inertie, quelles prises collectives pour les porteurs de cause ? Sociologie pragmatique et théories des systèmes

Francis Chateauraynaud (GSPR – EHESS, Paris)

Lorsque l’on considère l’ensemble des alertes et des controverses concernant les relations entre santé et environnement, on observe d’importantes variations dans les trajectoires politiques. Qu’il s’agisse de prise en compte des signaux d’alertes par les gouvernements et les agences de régulation, de mobilisation des milieux scientifiques, de formes de protestation et d’organisation de collectifs citoyens, de présence soutenue des préoccupations écologiques dans les médias, de plaintes et de recours judiciaires ou encore de montée en puissance d’alternatives aussi soutenues que soutenables, la quarantaine de dossiers étudiés à ce jour par la sociologie pragmatique des transformations permet d’énoncer un certain nombre de caractéristiques, dont l’explicitation peut s’avérer utile pour la suite de l’histoire. Cela conduit dans tous les cas à explorer autrement la criticité des processus contemporains. En s’éloignant d’une vision plate des controverses publiques, on peut faire converger philosophie pragmatiste, sociologie des processus critiques et modélisation des systèmes complexes, et ainsi mieux saisir la fabrique des prises individuelles et collectives sur le monde. La question de la pollution atmosphérique gagne en effet à être examinée à partir des logiques d’action – ou d’inaction – par lesquelles des coalitions d’acteurs, parfois inattendues dans leurs modalités d’expression, parviennent à faire bouger des lignes, outillent les actes de perception et de vigilance, et contribuent à transformer, selon des temporalités variables, les dispositions collectives et leurs ancrages dans les agencements matériels.

 

TEXTE DU SEMINAIRE  

La qualité de l’air est devenue un enjeu majeur de santé publique au cœur de la transition écologique, énergétique et solidaire : 3 millions de décès annuels sont imputés à sa « pollution » à l’échelle du globe, dont 11 000 pour la France. Pourtant, il y a encore moins de dix ans, l’Etat favorisait grâce au bonus écologique l’achat de véhicules diésels. La taxation récente de ce carburant témoigne de cette volonté de prendre en compte l’enjeu « air », invariablement sources de tensions sociales. L’objectif d’amélioration de la qualité de l’air s’est accompagné d’une panoplie de mesures réglementaires affichées à travers diverses mesures au premier rang desquelles l’intégration de l’enjeu « air » aux plans climats (Plans Climat Energie Territoriaux -PCET- devenus Plans Climat Air Énergie Territoriaux -PCAET-) auquel s’ajoutent la vignette Crit’air, la délimitation de Zones à Faible Emission (ZFE) ou encore les Plans de Prévention Atmosphérique (PPA). Malgré ces mesures, les politiques publiques en faveur de la qualité de l’air manquent chroniquement d’efficacité. Pour preuve, à l’heure actuelle la France est poursuivie par la Cour de Justice Européenne pour dépassement des valeurs limites de qualité de l’air fixées et manquement à l’obligation de prendre des mesures appropriées pour écourter le plus possible les périodes de dépassement. En effet, sur le plan juridique et technique, la mise en application des lois se heurte à une double problématique (Charvolin, 2015 ; Massart Guibaud, 2010). D’une part les différentes lois et plans d’actions sont construits à partir de cette sectorialisation dans laquelle les enjeux santé, air, climat et société sont traités de façon dissociée. D’autre part, mises en œuvre à l’échelle municipale, elles peinent à trouver de la cohérence sur un territoire suffisamment important pour améliorer leurs chances d’efficacité (Mermet et al. 2005). De surcroît, force est de constater que les populations ne sont pas impliquées dans l’ensemble des dispositifs « qualité de l’air » (Chevalier et al. 2007 ; Chateauraynaud et Debaz, 2013).

Ce séminaire propose d’aborder l’efficacité des processus de construction des politiques publiques sur les enjeux croisés Air Climat Santé en croisant les analyses et les regards sur la fabrique dite participative des politiques publiques (Scotto d’Apollonia et al. 2017 ; Dosias-Perla et al. 2018). Pour cela il s’appuie sur un premier bilan d’un projet à la fois innovant et original de recherche action participative « Air Climat Santé Société & Art ». Ce projet financé par l’appel à projet ADEME AACT-AIR a, en effet, pour spécificité de se situer à l’interface sciences-société en étant co-piloté par l’UMR ART-Dev et l’association Artivistes-atelier. L’objectif du projet est d’accompagner et d’aider les politiques publiques en faveur de la qualité de l’air et de co-construire avec les citoyens des indicateurs d’efficacité des actions sur le territoire pilote de l’Agglomération du Pays de l’Or. Ces réflexions croisées porteront sur la construction collective, « participative », d’indicateurs d’efficacité des politiques publiques en matière de « pollution de l’air » et sur la prise en compte de ces indicateurs « participatifs » dans la mise en œuvre d’une politique publique de l’air.

L’évaluation des politiques publiques environnementales et de développement durable et la production d’indicateurs de suivi sont sujets à des différences de degré réglementaire. En effet les évaluations des politiques publiques environnementales du type aménagement durable ou portant sur des mesures agro-alimentaires sont incitatives et volontaires tandis que les évaluations et suivi des Plans Climat Air Énergie Territoriaux (PCAET) sont intégrés dans l’élaboration de cette politique publique dont les modalités sont encadrées par le Code de l’Environnement. L’analyse critique de l’usage des indicateurs comme des outils de gestion de l’action publique et comme des instruments de construction collective de la gouvernance a déjà fait l’objet de plusieurs études (Zittoun, 2009 ; Hezri et Hasan, 2004 ; Lascoumes et al., 2014). Leur utilisation reste promue dans un large panel de dispositifs d’action publique : « agendas 21 » communaux, « Objectifs développement durable », « Plans climats », notamment indicateurs de richesses, indicateurs de santé publique (Jacob, 2005). Objets de toutes les attentions, il n’en demeure pas moins que la production de ces indicateurs constitue un point d’entrée pour analyser ce qui se joue dans les discours sur la production d’une action publique à l’interface sciences-société (Zarka, 2009). Reste à questionner comment les indicateurs peuvent constituer, dans une perspective de mise en œuvre d’un gouvernement de l’air, un outil hybride à la fois technocratique et démocratique pour produire et réaliser des actions fondées à la fois sur « l’objectivité » de données statistiques et sur des processus « participatifs ».

Ce séminaire propose ainsi de débattre des possibilités, des conditions et des effets de démocratisation et de co-construction participative de tels indicateurs en mettant en perspectives les conflictualités techniques, sociales, politiques et économiques. De façon transversale, ce séminaire d’aborder la question de la réflexivité des différents acteurs et notamment celles des chercheurs à la fois sur les plans collectifs et individuels. Ce séminaire propose de mettre en réflexion nos pratiques sur ces enjeux de participation multi acteurs dans l’aide à la décision et l’appui à l’action environnementale sur les territoires. Nous proposons ainsi de nourrir la réflexion autour de plusieurs questions :

La co-construction d’indicateurs permet-elle de construire des processus d’expertise évolutifs permettant d’échapper aux limites des exercices de participation et notamment de l’engouement autour de l’injonction du « tout participatif » (Blondiaux, Fourniau, 2011) ?             Comment lever ou contourner les effets de cosmétiques communicationnelles fortement conditionnées par les agendas électoraux pour construire des politiques publiques « efficaces » (Salles, 2006) ?

Quels sont les effets de la participation sur le processus de construction de la politique publique et spécifiquement d’une politique publique sur les enjeux croisés Air Climat Santé ?

Quelle est la visée et la portée d’une telle élaboration participative des politiques publiques ?

Un processus plus participatif permet-il réellement d’obtenir le partage du pouvoir de délibération et de décision entre gouvernants et gouvernés ?

Un processus plus participatif permet-il la construction d’un consensus prenant suffisamment en compte l’expression du conflit et le pluralisme des représentations ?           Comment la co-construction des indicateurs « participatifs » influence-t-elle la justification démocratique des politiques publiques ?

 

BIBLIOGRAPHIE

Blondiaux, L. et Fourniau, J-M. 2011 – « Un bilan des recherches sur la participation du public en démocratie : beaucoup de bruit pour rien ? », dans Participations, Vol 1, p. 8-35.

Charvolin, F. et al. 2015 – Un air familier. Socio histoire des pollutions atmosphériques. Paris : Les Mines, Paristech.

Chateauraynaud, F., Debaz, J. 2013 – De la métrologie en démocratie. La nouvelle vague des capteurs-citoyens, chapitre du rapport GSPR/ANSES, publié dans Socio-Informatique et Argumentation, 30 septembre.

Chevalier, D. et al. 2007 – La dialectique de la mobilisation et de l’injonction dans la « petite fabrique locale » du développement urbain durable, Urbia.

Dosias-Perla, D. et al. 2018 – « La fabrique participative de la qualité de l’air: Atelier Artivistes » dans ISTE Editions.

Hezri, A. et Hasan, M-N. 2004 – « Management framework for sustainable development indicators in the State of Selangor, Malaysia », dans Ecological Indicators 4, 287-304.

Jacob, S. 2005 – Institutionnaliser l’évaluation des politiques publiques. Étude comparée des dispositifs en Belgique, en France, en Suisse et aux Pays-Bas. Presses interuniversitaires européennes, 271p.

Lascoumes, P. et al. 2014 – Le développement durable. Une nouvelle affaire d’État. Paris : PUF.

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Scotto d’Apollonia, L. et al. 2019 – De la biosurveillance participative de la qualité de l’air, Revue Technique de l’ingénieur.

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