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PLAN CLIMAT LYCEE: LES JEUNES POUR LE CLIMAT

 

UN DISPOSITIF EXPLORATOIRE DE CO-CONSTRUCTION DES PLAN CLIMAT LYCEE 2019-2020

Ce dispositif a été testé avec succès en mars 2019 au lycée Jean-Jaures de Saint Clément de Rivière et en mai 2019 au lycée Mermoz de Montpellier grâce à l’aide de Zeina Toure (CPE).  Vous trouverez un discriptif du dispositif test à la fin de l’article.

PREMIERE ETAPE: MOBILISER LES LYCEENS ET STRUCTURER LE GROUPE D’ECODELEGUES

L’objectif est de reproduire le dispositif participatif Artivistes-atelier développé à l’échelle des territoires dans des programmes de Recherche et de Développement à l’échelle des écosystèmes des lycées. L’art et la culture sont des vecteurs fortement mobilisateurs qui nous ont permis en amont de l’élection des éco-délégués d’attirer des lycées peu sensibles à la cause environnementale préalablement.

Le dispositif consiste durant une journée dédiée à animer la cour du lycée avec la co-création d’oeuvre de Street Art et simultanément de d’animer des ateliers hors les murs de co-construction de bouquets d’actions sur la base de l’ingénierie de la participation Artivistes-atelier (Sélection pour le grand Prix de la Recherche Participative).

DEUXIEME ETAPE: ANIMER DES DEBATS ET FORMER

En s’appuyant notamment sur le jeu: « le réchauffement climatique expliqué à mes parents » et des techniques de débats tournants participatifs, cette étape consiste à permettre aux élèves d’acquérir les connaissances de bases de l’effet de serre et de poser toutes les questions. Cette approche permet d’une part de construire une culture commune en abordant les enjeux climatiques avec une certaine profondeur historique (club de Rome, Création du GIEC, Sommet de la Terre de Rio, Accord de Kyoto et Paris, Création de l’IPBES) et de développer un espace de réflexion prenant racine dans les perceptions des lycéens et leurs désirs d’agir.

TROISIEME ETAPE: ANIMER DES ATELIERS PARTICIPATIFS

Ces ateliers consiste à s’appuyer sur l’ingénierie de la participation Artivistes-atelier

DEROULE DU DESIGN (Artivistes-atelier©)

Design Participatif Artivistes-atelier : Ce design est issu de la recherche et a fait l’objet de trois publications scientifiques

Dosias-Perla, D., Scotto d’Apollonia, L. et Blangy, S. (2017). « La fabrique participative des politiques publiques une arlesienne ? Le dispositif artivistes-atelier « on air » N° spécial : Technosciences et Innovations Citoyennes. Technosciences and Citizen Innovations. Journal « Technologie et Innovations ». Volume 18-4., Paris.

Scotto d’Apollonia, L., Dosias-Perla, D., Camps, P. et Poidras, T. (2019). « De la biosurveillance participative de la qualité de l’air » Saint Denis : Editions Technique de l’Ingénieur.

Dosias-Perla, D., Scotto d’Apollonia, L., Blangy, S., (20020). UN DISPOSITIF PARTICIPATIF STABLE AU SERVICE DE LA QUALITE DE L’AIR, Acte du colloque OPDE Clermont Ferrand 15&16 oct. 2019

SIMPLE, EFFICACE et REPRODUCTIBLE

Etape 1 : Cadrage par le jeu « le réchauffement climatique expliqué à mes parents ».

Etape 2 : Libre répartition en petit groupe en fonction des enjeux à traiter.

Etape 3 : Choix objectif, les lycéens débattent, choisissent un objectif et l’écrive au centre du cercle

Etape 4 : Co-construction des actions, les lycées débattent des actions à mettre en place pour atteindre l’objectif

Etape 5 : Création des indicateurs d’efficacité, les lycéens évaluent l’efficacité (échelle de 0 à 5 sur les rayons) à l’heure actuelle (t0) et celle qu’ils peuvent atteindre sur une échelle de temps qu’ils évaluent eux-mêmes.

Etape 6 : Identification des acteurs clés, des freins et de ressources et mise en application……. (acte 2)

RETOUR SUR LE DISPOSITIF EDUCATIF EXPERIMENTAL TESTE AU PRINTEMPS 2019

Une journée de mobilisation lycéenne réussie : des revendications de la marche à l’action.

Coordonnée par Caroline Roulier, animée par l’association Artivistes-atelier parrainée par le climatologue Jean Jouzel la démocratie participative s’est invitée ce vendredi 15 mars 2019 au lycée Jean Jaurès de St Clément de rivière. Après la marche Artivistes a permis de convertir leurs revendications, volontés, désirs d’avenir en actions en présence de madame Gille, rectrice de la région Occitanie, Mr Barbes président de la communauté de communes Pic St Loup, Madame Béatrice Cheutin IPR, responsable académique de l’EDD et en présence de nombreux élus et représentants académiques.

Vous trouverez une synthèse sur la page de l’Académie.

UN ATELIER PARTICIPATIF ARTIVISTES

L’atelier a commencé de façon ludique par le jeu « le réchauffement climatique expliqué à mes parents » (Prix éducation Forum International Météo-Climat, 2017) afin d’améliorer leur connaissance sur la question climatique.

Répartis ensuite par table en fonction des enjeux exprimés lors de la marche pour le climat (mobilités, éducation, alimentation, énergie, mobilisation, biodiversité), les lycéens en présence, de professeurs, d’élus et de Madame Gille Rectrice d’Académie, des représentants académiques ont travaillé dans la joie et la bonne humeur afin de passer à l’action à l’échelle de leur lycée et de leur territoire. Une expérimentation pilote à l’échelle nationale réussie main de mettre grâce aux outils participatifs des Artivistes, association cofondée par Lionel Scotto d’Apollonia (Enseignant Sciences Physiques et chercheur LIRDEF) et Davia Dosias-Perla ingénieure au CNRS (ARTDev). A la pointe de l’innovation, l’adage des Artivistes est de (re)donner la parole aux citoyens et les moyens d’agir. Leur mission : aider et d’accompagner les collectivités dans la construction de leurs politiques publiques sur l’ensemble des questions socioenvironnementales.

Le dispositif Artivistes-atelier vise à développer une éducation à l’environnement, à la responsabilité, à la citoyenneté par une mobilisation des intelligences sensibles et créatives des élèves. Les Artivistes développent ainsi dans les écoles des actions éducatives autour des thématiques socioenvironnementales et liées au développement durable. Il s’agit de développer une éducation à la fois aux enjeux sociaux et environnementaux dans des projets d’art ou à travers le jeu. Une réponse simple et efficace intégrer des dispositifs éducatifs innovants dans les enjeux de la transition écologique et solidaire.

CO-CONSTRUIRE DES BOUQUETS D’ACTIONS

Expérimentation climatique & citoyenne au lycée Jean Jaurès St Clément de Rivière réussie.
Après la marche Artivistes a permis de convertir l’énergie citoyenne en actions en présence de madame Gille, rectrice de la région Occitanie, Mr Barbes président de la communauté de communes communes, madame Cheutin et de nombreux élus et représentants académiques.

 

SYNTHESE PROVISOIRE DES ENJEUX ET OBJECTIFS (ateliers tests)

ENJEUX

OBJECTIFS CIBLES

BIODIVIERSITE Préserver
MOBILITES Changement radical des systèmes de mobilité
ALIMENTATION Amélioration de manière durable
MOBILISATION Impliquer l’ensemble des acteurs
EDUCATION Appliquer, améliorer, inventer des mesures
ENERGIE Développer les énergies renouvelables au sein du lycée

POUR INFOS

Référence Artivistes-atelier : http://artivistes.neowordpress.fr/

2017 Prix éducation Forum International Météo Climat Paris – Prix innovation DDTM 34

2018 Lauréat Forum Changer d’ère, Cité des Sciences Paris

2019 Lauréat Créathon, Le Nouveau Monde

PROJET PERC2ES PARTICIPATION CITOYENNE ET BIODIVERSITE MARINE

PROJET COLLABORATIF AVEC SEPTENTRION  ENVIRONNEMENT

Nous sommes ravis de collaborer avec l’association Septemtrion Environnement basée à Marseille qui développe de nombreux projets de reconquête de la biodiversité marine autour de Marseille.

Artivistes-atelier accompagne l’association dans sa démarche de développement d’une approche articulant les sciences citoyennes et la recherche action participative afin de développer un ancrage territorial de leurs démarches d’observation de la biodiversité marine.

L’association part du principe: « Habitants du littoral, bénéficiaires des richesses que la mer procure, nous nous efforçons de contribuer à la protection du milieu marin et de partager le bien être que la mer nous apporte. De nombreux acteurs œuvrent pour la connaissance, la conservation ou la valorisation du milieu marin. Intégrés depuis plusieurs années au sein de ce réseau d’acteurs, nous en sommes aujourd’hui le liant, les ambassadeurs de la nouvelle génération, les portes-parole de la volonté locale. »

INVITATION AU DEUXIEME ATELIER PARTICIPATIF LE JEUDI 30 JANVIER 2020 MARSEILLE

Atelier participatif de co-construction et de préfiguration d’un projet de recherche participative mêlant sciences sociales et sciences de l’environnement

Les objectifs principaux :
👉 Comprendre la perception de l’Homme face aux bouleversements littoraux et étudier les problématiques environnementales par une entrée utilisant les sciences humaines et sociales
👉 Associer société civile et scientifiques pour identifier des besoins sociaux et enjeux environnementaux liés au changement climatique sur le littoral marseillais

Venez discuter, échanger, donner votre point de vue pour identifier des actions à mettre en œuvre en faveur d’une gestion durable du milieu marin.

☑️ Vous avez la parole !

Informations complémentaires :
– Galette des rois offerte
– Entrée libre – inscription par mail obligatoire :
laura.barth@septentrion-env.com

L’INGENIERIE DE LA PARTICIPATION ARTIVISTES-ATELIER

UN DISPOSITIF PARTICIPATIF STABLE AU SERVICE DE LA QUALITE DE L’AIR :

Le cas de l’élaboration de l’ingénierie participative « Artivistes-atelier »

Davia Dosias-Perla (1), Lionel Scotto d’Apollonia (2), Sylvie Blangy (3)

(1) Artivistes-atelier, 6 impasse des écoles laïques, 34740, Vendargues, davia.dosias.perla@live.fr

(2) Artivistes-atelier, LIRDEF, 6 impasse des écoles laïques, 34740, Vendargues, lionel.scotto-d-apollonia@umontpellier.fr

(3) CEFE, 1919 route de Mende, 34293 Montpellier, Cedex 5, sylvie.blangy@cefe.cnrs.fr

RESUME

Cet article décrit d’une part la construction d’un dispositif participatif stable intégrant une ingénierie de la participation et d’autre part sa phase d’opérationnalisation dans le cadre d’un projet de Recherche Action Participative (RAP) « Air Climat Santé Société & Art » financé par l’ADEME visant à accompagner les huit communes du territoire pilote du Pays de l’Or dans l’élaboration de son Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET) de novembre 2017 à novembre 2019. L’objectif du projet de Recherche était d’analyser les freins et les leviers inhérents à la fabrique des politiques publiques sur les enjeux Air Climat Santé et plus particulièrement le déficit de Participation citoyenne et d’efficacité des Actions à tous les niveaux d’échelle.

L’article détaille comment la prise en compte de la conflictualité politique et des asymétries de pouvoir au cours des différentes étapes de co-construction du diagnostic partagé a conduit à l’élaboration de l’ingénierie de la participation. Les premiers éléments d’analyse de sa phase d’opérationnalisation mettent en avant la stabilité du dispositif par sa capacité à être reproductible dans les différentes communes. L’analyse de ces bases comparatives et du processus d’institutionnalisation au sein de l’agglomération permettent d’identifier les apports et les limites du dispositif participatif et en retour d’identifier les freins et les leviers d’action en fonction des niveaux d’échelle de développement du processus participatif.

INTRODUCTION

          « En disant que vous agissez assez, alors que les politiques et les actions nécessaires ne sont nulle part en vue. Vous dites que vous nous écoutez et que vous comprenez l’urgence, mais peu importe que je sois triste ou en colère, je ne veux pas croire en cela. Parce que si vous comprenez vraiment la situation, tout en continuant d’échouer à agir, alors vous êtes le Mal et je refuse de croire que vous l’êtes. » (Thumberg, 2019)

Comme l’illustrent les marches pour le climat insufflées par de nombreuses initiatives citoyennes ou la convention citoyenne pour le climat ouverte début octobre 2019, l’agir climatique[1] est plus que jamais au centre de l’agenda politique et suscite de nombreux débats parfois contradictoires. Leur point commun est d’être l’expression d’une volonté de promouvoir plus de participation citoyenne dans les processus décisionnels. La convention citoyenne représente d’une part une tentative à l’échelle nationale d’intégrer un processus de démocratie participative dans la démocratie représentative et d’autre part une réponse de l’Etat visant à institutionnaliser les conflictualités sociales et politiques émanant du mouvement des Gilets jaunes. En effet, les propositions de projet de loi issues de la convention citoyenne devraient être soumises à référendum ou discutées exa bruto à l’Assemblée nationale. L’articulation entre l’efficacité de l’agir climatique et « l’impératif participatif » (Blondiaux & Sintomer, 2002 ; Blondiaux, 2008) soulèvent de nombreuses questions notamment sur la prise en compte effective des différents niveaux de conflictualités et et les asymétries de pouvoir inhérents que les dispositifs de concertation appréhendent non sans difficulté. De plus l’efficacité de l’agir climatique exige de prendre en compte le maillage complexe de l’entrelacement des enjeux environnementaux en regard des questions de santé, d’économie, de droit sous-tendu par les questions de justices environnementales et sociales.

Parmi ces problématiques, la qualité de l’air est devenue ces dernières années un des enjeux majeurs. En effet, comme nous le rappelle l’épisode récent de 2019 à Rouen de l’usine Lubrizol, la qualité de l’air est un sujet de préoccupations sociales, politiques et un enjeu prioritaire de santé publique. Les chiffres relèvent du registre de l’alerte sanitaire : 3 millions de décès annuels sont imputés à la « pollution » de l’air à l’échelle du globe dont 11 000 pour la France (Salomon, 2003). Elle tuerait deux fois plus que le tabac (Lelieveld et al., 2019). Force est de constater qu’il y a encore moins de dix ans, l’Etat français naviguait à vue et favorisait à grand renfort de bonus écologique l’achat de véhicules diésels en raison de leur sobriété d’émission de dioxyde de carbone. Aussi les pouvoirs publics sans attendre la convention citoyenne se sont dotés d’une panoplie de mesures réglementaires ayant pour objectif l’amélioration de la qualité de l’air. La mesure publique emblématique est l’intégration en 2015 de l’enjeu « Air » aux plans climats, anciennement Plans Climat Energie Territoriaux (PCET) devenus Plans Climat Air Énergie Territoriaux (PCAET)[2]. S’ajoutent à ce plan d’autres mesures comme la vignette Crit’air, la délimitation de Zones à Faible Emission (ZFE) ou encore les Plans de Prévention Atmosphérique (PPA) élaborés par les Préfets[3].

Malgré ces mesures, les politiques publiques en faveur de la qualité de l’air manquent chroniquement d’efficacité. Fin 2019, la France est encore poursuivie par la Cour de Justice Européenne pour dépassement des valeurs limites de qualité de l’air fixées et pour manquement à l’obligation de prendre des mesures appropriées pour écourter le plus possible les périodes de dépassement. Or réduire l’agir climatique à la seule volonté des acteurs politiques, comme il est question dans l’assertion introductive de Greta Thumberg, consiste à mettre des œillères sur la complexité des régimes d’actions (Thevenot, 1995). Le surgissement du mouvement des Gilets jaunes en lien direct avec la hausse des carburants illustre parfaitement les difficultés de l’Etat à réguler les effets sociaux de ce type de mesures. L’agir climatique s’apparente dès lors à une entreprise sacerdotale relevant d’une équation insoluble au discriminant négatif ayant pour variables interreliées, le social, le politique, la santé publique et l’environnement. Socialement le mouvement des Gilets jaunes tout autant que d’autres mobilisations de nature très hétérogène sur la gestion des communs (Ostrom, 1999) met en exergue le déficit démocratique que l’injonction participative n’a ni pleinement réussi à capter ni à réguler et les difficultés de prendre en compte les différents niveaux d’échelles du local au national[4]. De plus, sur le plan juridique et technique, la mise en application des lois se heurte à une double problématique (Charvolin et al., 2015 ; Massard-Guibaud, 2010). D’une part les différentes lois et plans d’actions sont construits à partir de cette sectorialisation dans laquelle les enjeux santé, air, climat et société sont traités. D’autre part, mises en œuvre à l’échelle municipale, elles peinent à trouver de la cohérence sur un territoire plus large dès lors qu’il s’agit de développer des stratégies de gestion efficace de l’environnement (Mermet et al. 2005).

Nous partons donc du constat de ce double déficit de participation et d’efficacité de l’Action en considérant dans une matrice commune la tension inhérente à la fois au déficit d’intégration des citoyens dans la fabrique dite « participative » des politiques publiques (Blondiaux, 2008 ; Blondiaux, Fourniau, 2011 ; Fourniau, 2007) et au déficit d’efficacité chronique des politiques publiques notamment sur la qualité de l’air (Chevigné, 2003; Salles, 2006; Chevalier et al. 2007 ; Comby, 2015 ; Chateauraynaud et al., 2013 ; Scotto d’Apollonia et al., 2019). En s’appuyant sur notre expertise territoriale et sur le GDR PARCS[5] (Groupe De Recherche Participatory Action Research and Citizen Sciences i.e. Recherche Action Participative et Sciences Citoyennes), nous avons élaboré un dispositif de Recherche Action Participative (RAP) basé sur les travaux conduits par Jacques Chevalier (Chevalier et al., 2009) afin de répondre à cette double problématique : d’efficacité de l’agir climatique et de participation citoyenne. Afin de développer notre dispositif de RAP sur le terrain nous avons créé l’association Artivistes-atelier[6] dans le but d’une part de mobiliser le plus grand nombre de citoyens directement dans la rue et d’autre part d’animer des ateliers participatifs avec les outils de la RAP dans les communes. Les premiers travaux exploratoires portant sur les limites de l’illusion participative (Scotto d’Apollonia and Dosias-Perla, 2017) et l’analyse pondérée de porteurs d’intérêts (Rainbow Stakeholders analysis) (Dosias-Perla et al., 2018) ont permis de structurer un projet de Recherche et Développement, « Air Climat Santé Société & Art » qui a obtenu un financement ADEME (AACT-AIR[7] – 2017-2019).

L’objectif de ce projet était de développer un dispositif participatif afin d’accompagner l’Agglomération du Pays de l’Or territoire pilote de l’expérimentation dans l’élaboration de son PCAET. Le Pays de l’Or regroupe huit communes. Il se situe entre Montpellier, Nîmes et la mer Méditerranée. Nous avons mené l’expérimentation (cf. figure 1) sur cinq des huit communes de l’agglomération en raison des contraintes de temps et de moyens humains. Les choix ont été opérés afin de respecter la représentativité du territoire séparé par l’étang de l’or en deux zones, l’une littorale et très touristique, l’autre rurale caractérisée par ses activités agricoles, viticoles et maraichères. L’objectif du projet était in fine d’analyser les freins et les leviers inhérents à la fabrique des politiques publiques sur les enjeux Air Climat Santé.

 

 

 

 

 

 

Figure 1 Carte du territoire pilote du projet « Air climat santé société et art » et dispositif déployé sur les communes

 

Cet article décrit et analyse la première phase de ce projet qui a consisté à construire un diagnostic partagé afin d’élaborer une ingénierie de la participation permettant de prendre en compte la pluralité des intérêts des différents acteurs. Cette ingénierie s’intègre dans un dispositif innovant à la fois sur les plans de la Recherche de l’Action et de la Participation. Le dispositif permet de nouer un dialogue avec l’ensemble des acteurs en prenant en compte les asymétries de pouvoir. Sa stabilité permet de le reproduire aisément dans d’autres communes et des contextes variés. De plus il permet in fine sa traduction dans les politiques publiques en prenant en compte la complexité des délégations de compétences. En effet, elle permet de co-construire des bouquets d’actions, leurs opérationnalisations en prenant en compte les différents niveaux de délégation de compétences et les indicateurs d’efficacité associés. La force de cette ingénierie est conçue pour permettre ainsi une traduction aux échelles des communes, des collectivités, des départements, régions et de l’Etat dans les politiques publiques.

Nous décrivons les premiers effets du dispositif de Recherche Action Participative et les conditions ayant permis son institutionnalisation à différents niveaux d’échelles territoriales. Cette ingénierie se heurte à certaines limites permettant d’analyser sur le plan de la recherche les freins à l’action mais apporte globalement une première réponse positive aux besoins des acteurs et plus particulièrement celles des citoyens ordinaires et des élus et agents des collectivités. Sur le plan de la recherche ce type de projet renouvelle considérablement l’approche du terrain et apporte une contribution aux travaux portant sur les liens ambigus parfois paradoxaux entre la participation et les questions environnementales et la défiance d’une partie des acteurs de la société civile vis-à-vis de la participation (Blatrix, 2009 ; Mazeaud, Talpin, 2010 ; Neveu, 2011).

Aussi, parmi l’ensemble des questions de recherche soulevées par le projet, cet article se focalise sur celles inhérentes aux conditions d’élaboration de l’ingénierie, aux premiers effets produits et aux limites identifiées. Les questions posées sont les suivantes :

  • Comment mobiliser les citoyens ordinaires au-delà de l’entre-soi et quelle est leur place dans le processus de décision ?
  • Comment les conditions d’élaboration « participative » de l’ingénierie a permis de mettre au jour et de répondre aux attentes de l’ensemble des acteurs ?
  • Quels ont été les premiers effets constatés du dispositif participatif ?

 

La première partie de l’article clarifie le positionnement théorique et la méthodologie du dispositif. En décrivant le contexte de la démarche d’élaboration, la deuxième partie décrit la co-construction de l’ingénierie de la participation. La dernière partie détaille ses premiers effets et sa traduction dans le PCAET. La conclusion permet de dresser un premier bilan notamment sur les apports conséquents de l’ingénierie de la participation à la fois sur les plans de la Recherche de l’Action et de la Participation et ses limites permettant d’appréhender les freins sociaux et politiques à différents niveaux d’échelle territoriale. Ce sera l’occasion d’ouvrir un espace de réflexion sur son potentiel heuristiquement fécond et les nombreuses perspectives ouvertes par ce type de dispositif.

 

1. POSITIONNEMENT THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE

1.1 Positionnement du dispositif de Recherche Action Participative (RAP)

Un dispositif critique et réflexif

Le dispositif de recherche du nom de l’association porteuse, « Artivistes-atelier » s’est déployé dans le cadre du projet « Air Climat Santé et Art ». Sa posture est singulière et pose de nombreuses questions dans le sens où nous cherchons à créer les conditions d’une emprise sur le monde social et politique. Le champ d’application du dispositif est en ce sens limité à cette posture. Aussi les résultats obtenus sont circonscrits au champ d’application du dispositif et ne tendent pas à objectiver la matérialité du monde social et politique mais plutôt à en interroger les limites et les capacités d’action du système.

L’émergence du mouvement des gilets jaunes durant la phase d’opérationnalisation est apparue comme une aubaine et a permis de faire passer une forme de « crash-test » permettant de baliser plus finement le positionnement social et politique du dispositif. En effet la volonté d’institutionnaliser le dispositif bien que cela soit à une échelle locale ne va pas de soi pour l’ensemble des acteurs. Pour que le dispositif fonctionne il faut que les acteurs soient d’accord de se mettre autour de la table et que la neutralité du débat soit assurée. Nous avons rencontré ainsi de nombreux gilets jaunes acteurs très hétérogènes et difficilement catégorisables lors de la phase de déploiement du dispositif. Nous constatons qu’à des échelles micro-locales, il est toujours possible de nouer un dialogue constructif. Les résultats ont permis de mettre en évidence la robustesse du dispositif à ce niveau d’échelle et de baliser plus précisément ses limites.

Le dispositif s’ancre à la fois dans les milieux citoyens et associatifs, dans celui des collectivités territoriales, des entreprises et au cœur de la recherche. Il est éminemment politique et intègre de facto l’ensemble des contraintes sur deux plans en interaction. Le premier plan concerne les contraintes internes au système d’action sur la base d’un diagnostic partagé qui constitue le cœur de cet article. Le second plan est externe au système d’action, en tant qu’agent extérieur du système même qu’il vise à modifier. Il est important de préciser le contexte du partenariat entre l’agglomération et le projet qui ne correspond pas à un besoin identifié par la collectivité focalisée principalement sur les questions énergétiques. Cet objectif agit de façon axiomatique : partir du constat d’un manque d’efficacité des politiques publiques sur les questions socioenvironnementales, et tenter d’apporter des solutions tout en analysant les limites du nouveau système d’actions considéré dans la complexité de sa matérialité sociopolitique.

 

Créer un espace de démocratisation des enjeux Air Climat Santé : Evènement participatif Artivistes-atelier dans la rue

Afin d’intégrer des catégories d’acteurs éloignées des questions environnementales, nous avons créé un dispositif de mobilisation de rue par l’art et la culture (Scotto d’Apollonia, Dosias-Perla, 2017). Le principe est simple et consiste à co-construire un espace de démocratisation des enjeux Air Climat Santé avec l’ensemble des acteurs locaux dans un évènement de rue en mélangeant les arts de rue (Street Art, comédiens, marionnettes géantes, concerts musicaux), en intégrant des outils participatifs et en initiant les débats sur les sujets de préoccupations des passants.

Le dispositif aborde une forme singulière de partage du sensible dans un monde incertain (Schaller, 2013), inspiré de « la méthode de l’égalité » de Jacques Rancière (2012). Il part du postulat d’accompagner les transformations sociales et environnementales dans une visée émancipatrice en considérant l’acte créatif et culturel comme un révélateur de la complexité du monde contemporain. Le dispositif de mobilisation ne cherche pas à porter un message dénonciateur et contestataire que l’on retrouve dans les mouvements de contre-cultures ou de convergences des luttes sociales mais permet de créer un espace de libre expression citoyenne. Conscients que l’art et la culture sont le produit de normes sociales (Bourdieu, 1992), le dispositif s’adapte de façon pragmatique aux contingences sociales d’un débat démocratique s’inscrivant dans le schéma de l’agir communicationnel habermassien (1987) régit par la réhabilitation de la dialectique hégélienne. Il nous semble important de situer les limites de ce type d’approche rationnelle et instrumentale réduisant ou abolissant l’autonomie des œuvres d’art, les créations pouvant être perçues comme des marchandises au service d’une rationalité instrumentale (Horkheimer, Adorno, 1947). Dans l’esprit de Jean Villard, notre approche artistique et culturelle est un vecteur de démocratisation et de mobilisation et vise à prendre à front renversé la vision situationniste dénonçant la « société du spectacle » chère à Guy de Bord.

Sur le plan social et politique, le dispositif vise à accroitre le pouvoir d’agir de l’ensemble des acteurs et en premier lieu du citoyen ordinaire (Clarke, Vanini, 2013) au sens le plus noble du terme[8]. Il n’est pas militant et n’a pas de parti-pris idéologique. Il ne cherche pas le rapport de force mais plutôt à l’interroger tout en cherchant à équilibrer les asymétries de pouvoir. Cherchant à faire œuvre de co-création scientifique et artistique, autonome du discours militant mais ouvert au devenir du politique (Déloye, 2007), le processus critique, réflexif et collaboratif d’évaluation est une variable d’ajustement essentielle du dispositif. Autrement-dit, l’originalité du dispositif est de s’inscrire d’une part dans une perspective politique de transformation sociale tout en gardant une distance par rapport au militantisme. D’autre part il s’inscrit dans une perspective pratique d’amélioration de la gestion des organisations grâce à la co-construction des savoirs scientifiques. Notre dispositif se situe dans le troisième type de contribution possible décrit par Cécile Blatrix (2012) dans lequel les chercheurs s’exposent au risque de contribuer à l’élaboration d’une doctrine, dotant une institution émergente en l’occurrence, la collectivité partenaire du projet, l’Agglomération du Pays de l’Or ayant son statut depuis 2011, d’une légitimité à la fois académique et démocratique. Le caractère procédural de l’ingénierie participative (Gourgues, 2012) découpée en différentes étapes vise à la fois à la mise en synergie des acteurs et à l’action publique à des fins praxéologiques tout en cherchant à éviter les écueils des « kits » participatifs (Bonaccorsi, Nonjon, 2012). L’institutionnalisation du dispositif s’est opérée sans chercher à réduire les conflits mais au contraire à s’en saisir en intégrant les porteurs d’intérêts (Plottu, 2013) tout autant que les citoyens ordinaires.

 

Un dispositif au carrefour de la Recherche, de l’Action et de la Participation et au cœur des limites et des apports de la co-construction

Reprenant le rapport de Laurent Fraisse (2019) issu d’un programme de recherche-action portant sur la co-construction de l’action publique, nous situons notre dispositif de recherche action participative au cœur des enjeux de co-construction telle que définie par Yves Vaillancourt (2015, p.449), à savoir un processus permettant d’analyser : « la participation des parties prenantes de la société civile dans la définition et l’élaboration des politiques publiques ». Notre dispositif se situant au carrefour de la Recherche, de l’Action et de la Participation envisage la co-construction[9] jusqu’à la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du système d’action, de recherche ou de politique publique concerné

Le dispositif intègre la recherche, l’action et la participation dans toutes les étapes de la démarche scientifique : Conception, Collecte, Analyse, Interprétation, Diffusion, Décision; (CCAIID) en intervenant dans le cadre du projet « Air climat santé société & Art » dans le « D » de la décision publique.

Figure 2 les 6 étapes d’un projet de RAP (CCAIID), Chevalier, 2013. Modifié, Blangy, 2016

 

Si la démarche de co-construction a un dessein démocratique vertueux, la limite de cette démarche dans un dispositif de RAP réside dans sa difficulté à intégrer la co-décision et l’analyse citoyenne des données (Blangy et al., 2018)[10]. De plus, les limites de l’engagement citoyen et la capacité des acteurs à s’insérer dans de réels programmes de sciences participatives (Gonzales-Laporte, 2014) tout en respectant les positions axiologiques de chaque acteur du projet sont des limites à identifier et analyser (Bœuf et al., 2012). Enfin, au regard de la réalité hétérogène des pratiques de co-construction et des asymétries de pouvoir il nous semble important de garder une distance critique et réflexive lorsque nous nous engageons dans une telle démarche (Barnaud, 2016).

Comme nous le rappelions en introduction, la dimension participative que nous déployons s’inscrit dans les travaux de la RAP (Chevalier et al., 2009) au sein du GDR PARCS en apportant une dimension supplémentaire intrinsèque à la gouvernance environnementale (Mermet et al.,2005 ; Salles, 2006). La démarche de RAP est exploratoire et cherche à mettre en synergie ces trois aspects dans l’analyse de l’action publique climatique. Dans l’ensemble des différentes pratiques de recherches participatives (Bonny, 2017) nous visons une maximisation du niveau de collaboration, de participation en cherchant avec toutes les limites que cela représente l’intégration des acteurs dans la co-construction de la problématique de recherche dans le but d’analyser les apports et les limites sur l’action politique. En ce sens, nous rejoignons les travaux notamment de Fung et Wright (2003) l’objet de notre recherche, la démocratie participative est liée avec une perspective normative visant à renforcer la démocratie.

Une ingénierie de la participation transposable aux autres territoires

Le terme d’ingénierie est employé volontairement dans le sens où elle vise à s’intégrer dans le dispositif de recherche afin de construire des données permettant à la fois d’être dans une logique d’action et de comparaison d’un point de vue de la recherche. L’ingénierie se définit comme un processus destiné à être institutionnalisé, ouvert et participatif visant avec une pluralité d’acteurs à élaborer, à mettre en œuvre, à suivre et à évaluer une/des actions publiques (Vaillancourt, 2015, p 449)[1]. Son but est de permettre ainsi la traduction des actions (voir partie 3) dans les documents cadres de la collectivité. Elle a été conçue pour éviter les écueils de l’ingénierie gouvernementale[11] (Maurel et al. 2014). Autrement dit elle permet d’être pleinement attentive aux asymétries de pouvoir afin de ne pas exclure du processus de décision certains acteurs ou certains enjeux majeurs en évitant d’amplifier les mécanismes de lobbying et de cooptation entre acteurs en position dominante. L’ingénierie a été conçue dans un contexte périurbain, enjeu majeur des politiques publiques d’aménagement. Le contexte a été considéré comme une variable notamment relativement aux enjeux d’inégalités territoriales, de mobilités, agricoles, viticoles et maraichers et de préservation de l’environnement face à l’extension urbaine. Aussi la variable périurbaine peut être facilement substituée par des enjeux urbains ou ruraux[12].

 

 

1.2 Méthodologie : construction des donnés

 1.2.1 Synthèse méthodologique ayant permis la construction du diagnostic partagé en vue de l’élaboration de l’Ingénierie participative

Figure 3 Diagnostic partagé, méthode de collecte des données et outils

 

Le diagnostic partagé ayant permis l’élaboration de l’ingénierie de la participation articule deux approches complémentaires :

  • La méthodologie principale

Elle s’ancre dans la RAP (Outils participatifs Totems artistiques participatifs, boite à idées le 15 avril 2018 Course Odyssée de l’Or, Méduses aériennes Atelier green week 23 mai 2018 ; Méduses aériennes et débat hybride 31 mai 2018) (voir fiche annexe 1)[13]. Les méduses aériennes sont conçues pour pouvoir recueillir spontanément dans la rue les perceptions ou les avis des participants que l’événement Artivistes-atelier de capter. Il s’agit pour chaque outil de s’adapter au contexte et d’être le plus intuitif possible. Une première personne membre du dispositif sert de médiateur avec les totems ou les méduses, tandis qu’un deuxième membre prend des notes sur les échanges qui ont lieu, la posture, le temps passé, le contexte si le participant est accompagné ou non, dans un potentiel cadre familial.

 

(2) et deux approches complémentaires :

(2a) de l’observation participante dans le cadre : (i) de la concertation officielle menée par le bureau d’étude AGATE[14] et (ii) de l’élaboration des feuilles de routes en Plan Prévention Atmosphérique (PPA) de Montpellier ;

(2b) une démarche anthropologique menée sur le terrain pilote, Agglomération Pays de l’Or lors des différentes réunions, rencontres ou échanges informels, des entretiens ouverts avec certains acteurs clés (comme par exemple le Vice Président Pays de l’Or dédié au PCAET ou l’agent responsable de l’élaboration du PCAET).

 

  • La traduction des données dans le cadre du PCAET de l’Agglomération du Pays de l’Or

Cette partie se fait en deux temps :

                (1) L’analyse de corpus de différents documents officiels ou non, textes réglementaires (PCET, PLU, PLUi, SCoT). Nous avons analysé des terrains comparatifs sur l’Occitanie sur la durée du projet de Recherche avec les approches citées précédemment avec une pondération des niveaux d’accès aux documents cadres des collectivités et des réunions d’observation. Le corpus se complète avec tout un ensemble de documents émanant des acteurs (communiqués de presse, documents techniques, communications publiques, etc.) et un corpus hétérogène (audio, vidéo, textuel) de la couverture médiatique générale. Le corpus est complété par l’ensemble des échanges par courrier électronique ou téléphonique avec l’ensemble des acteurs. Sur le plan éthique, ces échanges ne faisant pas l’objet d’un accord explicite des différents acteurs, sont exploités indirectement. En ce sens, ces données ne sont pas retranscrites et sont utilisées comme des éléments de contextualisation.

(2) La traduction des données demande une connaissance très fine des textes réglementaires et des spécificités relatives à la gestion des collectivités. La méthode pour traduire l’ensemble des données issus des ateliers participatifs conduits à l’échelle des communes (cf. tableau 1) à l’aide de l’ingénierie décrite plus loin (cf. figure 3) afin que la collectivité puisse l’intégrer a nécessité une analyse des compétences légales déléguées à l’agglomération (analyse comparative de la structuration des documents cadres de la collectivité Pays de l’Or (ScoT, PCET, PLUi, dossier TEPCV) et une analyse fine des attentes stratégiques et techniques des acteurs en charge de l’élaboration du document final (25 réunions avec agents de la collectivité, DGA, DGS, élus de la commission développement durable, citoyens représentants membres du CoDev) grâce à cinq réunions de cadrage avec le bureau d’étude et le service en charge du PCAET (5 réunions entre novembre 2017 et Avril 2018) et de nombreux échanges par mails ou téléphoniques jusqu’en Septembre 2019.

L’identification des compétences prioritaires et obligatoires de la collectivité et les attendus rédactionnels et techniques en vue de l’élaboration du document final de la politique publique, en l’occurrence le PCAET ont été un élément clé concernant la traduction des résultats des ateliers.

 

1.2.3. Les terrains comparatifs en Occitanie : Agglomération Pays de l’Or, Montpellier Méditerranée Métropole et Communauté Urbaine de Perpignan Méditerranée Métropole

Nous avons pris le parti d’investir trois territoires d’Occitanie avec trois modalités d’investissement du terrain différentes sur l’Agglomération Pays de l’Or, Montpellier Méditerranée Métropole et la Communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole. Ces terrains comparatifs permettent d’affiner les besoins des acteurs et notamment les autres collectivités concernant le diagnostic partagé et les conditions nécessaires à traduire les données produites dans les politiques publiques.

L’approche sur les deux territoires comparatifs a été différente.

Nous avons développé sur le territoire de Montpellier une analyse sur la base d’observations participantes[15], un corpus constitué des documents cadres produits par les services de la métropole (PCET, diagnostic environnementaux, PPA, PLU, Montpellier territoire 2030).

La Métropole de Perpignan est un territoire sur lequel nous articulons une analyse sur la base d’observations participantes et d’analyse de documents cadres et d’échanges de mails des services et les élus en charge de l’élaboration du PCAET et des politiques connexes (ODD et Agenda 21). Nous avons été officiellement invités à participer à l’ensemble des rencontres et réunions de cadrage du PCAET (équipe de la Délégation au sein de la collectivité et auprès du Conseil de Développement citoyen du territoire) ainsi qu’aux rencontres de travail et d’élaboration des ateliers avec le bureau d’étude en charge de l’élaboration du PCAET et de l’Agenda 21, l’AREC. Cette implication, nous a amené à développer l’ingénierie sur ce territoire, ce qui a permis d’enrichir considérablement les données et mis en évidence sa pertinence à répondre à un besoin complexe.

 

2. RESULTATS : L’ELABORATION DE L’INGENIERIE DE LA PARTICIPATION SUR LA BASE DU DIAGNOSTIC PARTAGE

2.1 Elaboration du diagnostic partagé définissant le cahier des charges de l’ingénierie de la participation

Identification des enjeux majeurs

Le cahier des charges initial de l’ingénierie était de concevoir un dispositif combinant plusieurs outils ou moyens habiles (Chevalier et al., 2009) permettant d’améliorer l’efficacité des actions tout en intégrant l’ensemble des acteurs et permettant la prise en compte des différents niveaux d’échelles d’espace et de temps. Il s’agit d’intégrer dans un même design la prise en compte de l’ensemble des contraintes inhérentes sur la base du diagnostic partagé réalisé avec les acteurs du territoire.

L’ingénierie a été conçue afin d’apprécier l’efficacité de l’action sur différentes échelles de temps sur la base d’une co-construction des indicateurs d’efficacité. Elle s’intègre dans le dispositif de Recherche Action Participative du projet ACS&ART permettant d’analyser avec finesse la fabrique dite participative des politiques publiques climatiques intégrant l’air comme enjeu croisé.

L’élaboration de l’ingénierie de la participation a demandé un temps de co-construction de neuf mois de fin Aout 2017 au 31 mai 2018 lors duquel nous avons investi le terrain pilote et les territoires comparatifs notamment la communauté urbaine de Perpignan Méditerranée Métropole. Les éléments qui suivent décrivent les différents éléments ayant permis l’élaboration du diagnostic partagé. Nous avons opté pour une description suffisamment détaillée afin de faire ressortir le grain du terrain et les différents niveaux de conflictualités.

 

Le tableau ci-dessous synthétique les principaux éléments caractérisant les attentes des différents acteurs ayant la construction du diagnostic partagé.

1. l’éthique professionnelle technico administrative des agents de la collectivité en charge de l’élaboration du PCAET

 

Tension entre la volonté de développer la participation et les craintes de ne pas en maîtriser la conflictualité.

Volonté de maîtriser le processus et difficulté à co-construire des actions

2. des difficultés propres aux élus Vice-Présidents de la commission Développement Durable en charge du vote du PCAET A l’échelle de la collectivité il existe une forte dépendance des élus vis-à-vis de leur service et par voie de conséquence aux bureaux d’études.
3. quand la participation devient un enjeu électoral La participation devient un enjeu électoral d’autant plus qu’à l’échelle communale elle engage peu les élus.
4. la volonté de contribution des citoyens ordinaires et des collectifs habitants

 

Les citoyens ordinaires non engagés dans la société civile organisée telles que les associations environnementales ou les ONG souhaitent véritablement s’investir. C’est notamment le cas des gilets jaunes malgré une défiance affichée vis-à-vis du pouvoir.
5. des garanties d’une participation citoyenne efficace demandée par les opposants politiques

 

Le débat hybride participatif a porté principalement sur les conditions d’une participation.

L’adhésion de l’association Artivistes-atelier à l’Institut de la Concertation et de la Participation Citoyenne[16] est un gage de neutralité sans pour autant représenter une garantie de passage à l’action.

6. un espace de débat pour les usages des agriculteurs, arboriculteurs et viticulteurs

 

Les agriculteurs sont exaspérés d’être stigmatisés dès lors qu’ils ne sont pas « bio » et attendent de la participation un espace de débat permettant de faire mieux connaître leurs contraintes d’usages afin de les valoriser.

Tableau 1 : Synthèse diagnostic partagé.

 

Le plus petit dénominateur commun : l’action environnementale

                L’ensemble de ces données nous a permis de dresser le diagnostic partagé mettant au jour les attentes et les craintes de l’ensemble des acteurs des élus, des citoyens, des agents et du bureau d’étude en charge de l’élaboration du plan d’actions du PCAET. Pour concevoir le design de l’ingénierie de la participation présenté ci-dessous (cf. figure 3) il était nécessaire d’identifier ces conditions permettant une inflexion des asymétries de pouvoir en faisant en sorte que chacun puisse se sentir à sa place et que sa parole soit écoutée et puisse s’incarner en action pour l’environnement.

La phase de diagnostic partagé a donc permis d’identifier un plus petit dénominateur commun relatif à l’ensemble des acteurs, à savoir l’action environnementale et son efficacité. A titre d’exemple un citoyen ordinaire nous exprimait : « je n’ai jamais été écolo mais j’aimerais pouvoir laisser une empreinte positive pour mes enfants et petits-enfants et faire ce que je peux à mon niveau concernant le climat, la qualité de l’air ou la pollution » (E3, échange informel retranscrit sur un verbatim). La notion de commun avec toutes les limites qu’il est important de souligner, a joué un rôle fédérateur, l’importance de l’enjeu climat prévalant sur les intérêts plus personnels. Autrement dit, l’ingénierie construite devait permettre la prise en compte des intérêts de chacun tout en répondant au besoin de la collectivité en matière de compétence et de stratégie.

 

2.2 Le design de l’ingénierie de la participation : un outil pour décider ensemble

La phase de diagnostic a permis de concevoir un design d’atelier participatif, une ingénierie de la participation permettant une co-construction de la politique publique tout en créant les conditions d’intégration des citoyens évitant les écueils du « participationnisme » (Aldrin, Hubé, 2016). Le diagnostic partagé a permis de créer un cadre référentiel commun notamment sur les enjeux de la participation, la place des chercheurs du projet et de la structure Artivistes, le rôle des acteurs locaux et des institutions dans la démarche générale. Ces aspects co-construits permettent de proposer une ingénierie de la participation avec un potentiel évolutif et adaptatif à chaque territoire.

L’ingénierie de la participation s’avère un outil pour décider ensemble efficace en vue d’une action environnementale. Elle permet de :

(i) co-construire des objectifs du territoire pilote sur la base des perceptions des enjeux ;

(ii) établir avec les acteurs l’état des lieux des actions et des projets existants ;

(iii) évaluer de manière démocratique et sur la base de critères co-construits l’efficacité des actions en cours ou passées ;

(iv) co-construire un plan d’actions intégrant les indicateurs d’efficacité ;

(v) programmer les actions en identifiant les acteurs clés et porteurs d’un plan d’actions à l’échelle communale et intercommunale avec des indicateurs de suivi et d’efficacité́ des actions dans le temps comme indiqué via les différentes étapes de l’Ingénierie.

Idéalement, l’ingénierie de la participation s’applique à des échelles micro-locales et bénéficie du dispositif de mobilisation artistique de rue Artivistes en amont des ateliers participatif en vue de potentialiser les effets de l’ingénierie. Pour autant, elle peut se décliner à différentes échelles administratives (municipalité, collectivité territoriale) et dans des contextes sociaux très différents indépendamment de la mobilisation citoyenne en amont (comme par exemple sur la commune de Lansargues, la mobilisation a été annulée pour raison d’intempéries importantes)[17].

Le design de l’ingénierie est découpé en trois étapes :

 

ETAPE 1 : Co-construction des bouquets d’actions (voir figure 4).

Les participants co-construisent des bouquets d’actions existantes ou non en évaluant leur efficacité sur une échelle de 0 (inefficace) à 5 (efficacité maximale) au moment de l’atelier et sur une échelle de temps dont ils déterminent la pertinence. Les échanges permettent de faire émerger les premiers freins et leviers à l’action. Un second atelier permet d’approfondir ces résultats dans une logique de planification.

Cette étape est le cœur de l’ingénierie, elle peut se décomposer en deux ateliers participatifs complémentaires. Le design du premier atelier central se décompose en huit étapes (voir schéma ci-dessous). Ces étapes permettent de co-construire les linéaments d’une politique publique : de l’identification d’actions à leur mise en œuvre en passant par l’évaluation de leur efficacité. Ce design est conçu pour permettre l’expression du dissensus et de réguler la conflictualité de manière positive, c’est à dire de laisser la place au débat et aux controverses en privilégiant la logique d’action. Sur le plan ontologique, les acteurs sont d’accord pour débattre de solutions à co-construire tout en acceptant les oppositions sur le plan axiologiques intégrant les aspects politiques, les normes et les valeurs tout en mobilisant un métissage des expertises celles des chercheurs présents et celles expérientielles des autres acteurs.

Sur le plan de la recherche il s’agit de construire des données de deux types: les productions écrites des participants et l’enregistrement des débats de chaque lors de l’atelier et idéalement doublé avec de la vidéo. De plus un observateur dédié par table de travail note sur son cahier toute une somme d’informations : les postures, l’usage des téléphones, les discours, le temps de prise de parole, etc. Lors des échanges informels autour des tables émergent les critères d’efficacité et les représentations d’efficacité des actions permettant d’atteindre l’objectif central. L’évaluation partagée est le socle de la planification des actions et préfigure l’étape 2.

Figure 4 Phase 1 de l’Ingénierie de la Participation pour l’élaboration des PCAET créé et développé par Davia Dosias Perla

 

DESIGN ETAPE 1 OBJECTIFS – DEROULE
Présentation Temps de cadrage et présentation des objectifs de l’atelier et du déroulé. Parfois l’exercice se fait avec la prise de parole d’experts, chercheurs, ou élus.
CHOIX DES ENJEUX A L’ECHELLE DE LA COMMUNE Les participants se lèvent et créent des familles d’enjeux qu’ils souhaitent traiter et se réunissent par table en présence d’un facilitateur Artivistes.

 

CO-CONSTRUCTION DES OBJECTIFS Autour de chaque table, les participants débattent librement et s’accordent sur un objectif à atteindre (les autres objectifs sont inscrits sur le bas de la feuille et pourront être traités ultérieurement. L’objectif est inscrit au centre du support.
CO-CONSTRUCTION DES ACTIONS Les participants débattent des actions à mettre en place ou à renforcer pour atteindre l’objectif. Ils tracent un rayon et écrive au bout du rayon l’action.
EVALUATION DES ACTIONS ET CRITERES DE SYIIVI

 

Les participants tracent sur chaque rayon une graduation de 0 à 5 correspondant et évaluent et indiquent l’efficacité de l’action à T0 (c’est-à-dire au moment de l’atelier) et suivant l’échelle de temps pertinente (par exemple T+1 = 1 an, T+5 = 5 ans) le niveau d’efficacité qui pourraient être atteint.
IDENTIFICATION DES ACTEURS CLES Les échanges ébauchent les prémisses de l’identification des acteurs intervenant dans la mise en œuvre et la réalisation de l ‘action. identification des délégations administratives.
CAROUSSEL

 

Les participants sont invités ensuite à changer de table. Le facilitateur synthétise le travail effectué. Les participants peuvent amender, corriger ou ajouter des actions suivant le protocole défini précédemment. A intervalle de temps de plus en plus réduit l’ensemble des participants intervient ainsi sur chaque enjeu.
SYNTHESE En plénière, un participant par enjeu synthétise le travail qui est librement commenté.

Tableau 2 : Déroulé de l’atelier participatif Artivistes-atelier Etape 1.

ETAPE 2 : Indentification pondérée des acteurs clés et co-construction d’indicateurs de suivi et d’efficacité des actions (cf. figure 5).

Cette deuxième étape permet d’identifier les acteurs clés et de leur positionnement dans la planification et la conduite de l’action. Le design de cette étape s’appuie sur un travail de recherche préalable (Dosias Perla et al., 2018).

Cette étape permet de créer les linéaments pour la traduction des bouquets d’actions citoyennes en plans d’actions publics aux échelles de la municipalité et de la collectivité territoriale. Ce travail est possible en suivant les étapes clés de cette deuxième étape et notamment en identifiant les différentes délégations de gestion, de contrôle, de suivi et de réalisation des actions.

Pour ce faire les participants suivent le design ci-dessous :

Design de l’étape 2 Objectif – déroulé
Synthèse de l’atelier 1 Amendements par les participants
Identification des acteurs clés par familles d’enjeu Identification de porteurs ou partenariats potentiels et analyse de leur degré d’influence sur l’action et des effets de l’action sur ces acteurs et l’institution.

Planification de la mise en œuvre des actions prioritaires et identification des indicateurs de suivi pour l’efficacité des actions.

Analyse des acteurs clés : stakeholder rainbow analysis
Identification des ressources et freins à l’action
Identification des indicateurs Co-construction des indicateurs permettant de déterminer l’efficacité des actions.
Mise en commun Stratégie partagée et validée par les participants. Suites à donner (traduction).

Tableau 3 : Déroulé de l’atelier participatif Artivistes-atelier Etape 2.

 

 

 

 

Figure 5 : phase 2 STAKEHOLDERS RAINBOW ANALYSIS avec le moyen habile « analyse d’acteurs » conçu par Chevalier (2013)

 

ETAPE 3 : Traduction dans les documents cadres

Cette étape consiste à traduire les actions en fonction des délégations de compétences et de services en regard des orientations stratégiques des communes et de la collectivité (échelle locale avec PLU, Plan de Déplacement ou de Mobilité, Stratégie Agenda 21 et au niveau du PCAET).

Sur le plan de la recherche, les débats portant sur la planification et l’efficacité des actions aux échelles locales permet d’interroger toute la complexité du millefeuille institutionnel. En effet, les différentes échelles de délégation émergent lors du processus propre à l’ingénierie et rendent compte de la complexité des logiques d’actions inhérentes à nos institutions.

 

3. ANALYSE DE LA PHASE OPERATIONALISATION DE l’INGENIERIE DE LA PARTICIPATION

 

3.1 Une mobilisation de rue permettant une véritable hétérogénéité d’acteurs.

Le dispositif de mobilisation n’est pas une condition nécessaire à l’opérationnalisation de l’ingénierie de la participation. Il permet d’apporter une réponse satisfaisante au déficit de mobilisation citoyenne dans le cadre de l’élaboration du PCAET (voir tableau 4 de mobilisation). Ce travail permet de soutenir pleinement les efforts de la collectivité et de créer les conditions de coproduction d’un ordre social (Jasanoff, 2005). Les effets de cette mobilisation massive permettent de politiser les enjeux en s’appuyant sur un spectre d’acteurs représentatifs de l’ensemble des catégories sociaux professionnelles. Il offre tout autant la possibilité de créer des espaces de débats ouverts permettant de se nourrir de la conflictualité pour potentialiser l’agir climatique à l’échelle des communes et à l’échelle plus large de la collectivité.

L’apport conséquence de ce type de mobilisation est de permettre ensuite l’animation d’ateliers participatifs réellement multi-acteurs. Cependant les ratios entre les fortes mobilisations et les logiques d’engagement restent limités.

 

DATE COMMUNE TYPE D’ACTION JAUGE
15 04 2018 MAUGUIO-CARNON Evènement de rue Artivistes-atelier co-construit avec les acteurs locaux en s’appuyant sur une course l’Odyssée de l’Or, Mauguio-Carnon 900 personnes touchées
08 12 2018 PALAVAS-LES-FLOTS Evènement de rue Artivistes-atelier co construit avec la municipalité et les associations 1300 personnes touchées
09 12 2018 LA GRANDE-MOTTE Evènement Artivistes de rue marché dominical atelier Mobilisation artistique Marché 500 personnes touchées
15 12 2018 VALERGUES Evènement Artivistes de rue co construit avec la municipalité, l’école primaire et les associations 150 personnes touchées
17 02 19 MAUGUIO-CARNON Evènement Artivistes de rue co construit avec la municipalité et les associations 500 personnes touchées
15 05 2019 LANSARGUES Evènement de rue Artivistes (annulée pluie) X
01 06 2019 VALERGUES Evènement Artivistes de rue « Entre vignes et garrigues » 350 personnes touchées

Tableau 4 : Mobilisations citoyennes sur l’Agglomération Pays de l’Or et jauge des personnes touchées

 

3.2 Une opérationnalisation de l’ingénierie dans des ateliers multi-acteurs

La phase d’opérationnalisation (voir tableau 5) a débuté à l’automne 2018 afin de coller au calendrier de l’agglomération dans un tempo contraint et précipité. Dans chaque atelier, le dispositif de mobilisation a permis de générer des groupes multi-acteurs à l’échelle des communes investies. Au cœur de ces groupes, chaque participant a pu librement s’exprimer comme le souligne une participante : « d’habitude je suis plutôt réservée mais là je me suis sentie plus à l’aise pour parler, écrire ». Les choix de récolte des données, d’expressions écrites (choix des couleurs, fiche de déroulé de l’atelier disposée sur les tables, autonomie des participants) et le rôle de la personne ressource qui agit comme un garant du cadre de l’atelier participatif sont autant de conditions qui renforcent cette libre circulation de la parole.

DATE COMMUNE TYPE D’ACTION JAUGE PARTICIPANTS
09 12 18 LA GRANDE-MOTTE Atelier participatif 20 participants
15 12 18 VALERGUES Atelier participatif 25 participants
09 01 19 LANSARGUES Atelier participatif 25 participants
20 02 19 MAUGUIO-CARNON Atelier participatif 19 participants
23 02 19 VALERGUES Atelier participatif 19 participants
15 05 19 LANSARGUES Atelier participatif 18 participants
21 03 19 PALAVAS-LES-FLOTS Atelier participatif 30 participants
17 06 19 VALERGUES Atelier participatif 12 participants

Tableau 5 :Ateliers participatifs en condition de salle dans le cadre du projet ACS&ART

 

Les municipalités ont pris en main les invitations et ont co-rédigé les textes d’invitation avec les chercheurs du projet membres d’Artivistes atelier. Toutes les municipalités ont accepté une diffusion large par différents canaux : réseaux sociaux, lettres de la commune, affichage, campagne de flyers dans les boites aux lettres, bouche à oreille, fiches pour les scolaires avec accord des établissements scolaires (pour le cas de Valergues), affichage sur panneaux lumineux de la commune.

Certains élus se sont impliqués personnellement en faisant les marchés, en démarchant certains acteurs, professionnels et associations qui ont été identifiés lors du premier atelier participatif. En ce sens, la phase d’opérationnalisation de l’ingénierie de la participation a permis d’éprouver positivement sa robustesse d’autant plus que le contexte n’était pas toujours très favorable. Cependant le calendrier contraint ne nous a pas permis de la développer pleinement sur toutes les communes. Aussi, fort d’une dynamique et d’une synergie positive avec la mairie de Valergues, nous avons pu animer trois ateliers en développant pleinement les 3 étapes permettant ainsi d’aller jusqu’à la co-construction du plan de déplacement doux (PDD).

3.3 Apports et limites. Discussion

 

3.1 Des apports aux échelles communales

Conformément aux travaux de Talpin (2013), Sintomer et Talpin (2011) et de Blondiaux (2001), il apparait clairement que l’échelle communale est la plus pertinente pour développer l’ingénierie de la participation. C’est en effet à l’échelle locale que la démarche participative se diffuse le mieux et avec une mise en place de processus participatifs et la traduction d’un volontarisme politique[18]. Les effets ont été quasi immédiats :

(i) Certaines municipalités ont mis en place des actions co-construites en ateliers participatifs dans un délai de 6 à 9 mois après les ateliers et ont été amenées à devoir ventiler leur budget et à prioriser en interne. Nous prenons pour exemple la distribution de pailles et gobelets en matériaux biodégradables pour l’ensemble des commerçants (restaurateurs) de Palavas les flots ; la mise en place d’un Plan de Déplacements Doux de manière participative par la commune de Valergues, l’arbitrage de budgets participatifs sur la commune de Mauguio-Carnon ou encore la mise en œuvre participative (implantation, sécurisation, entretien) d’un compost collectif au centre des communes de Lansargues et Valergues.

(ii) Pour ce faire les élus ont demandé aux services d’accélérer les calendriers de mise en place de certaines actions qui répondaient aux attentes des acteurs identifiées en ateliers.

(iii) Ayant participé aux ateliers et nourris de l’évaluation participative et des prémisses des feuilles de routes citoyennes, c’est ainsi, bousculées dans leur calendrier et gouvernance en silo que certaines municipalités ont pris des initiatives méthodologiques pour favoriser la transversalité et la participation multi acteurs (nous pensons au cas de Valergues et la mise en place de son Plan de Déplacements Doux).

(iv) Enfin, à l’échelle des communes nous avons pu constater qu’à la suite des ateliers participatifs et des premiers résultats de l’ingénierie, certaines actions ont été mise en place notamment en réponse à des conflits sociaux comme pour exemple la mise en place d’une station mobile de mesure de la qualité de l’air par ATMO Occitanie (membre du réseau des AASQA) sur la commune de Lansargues située à moins de quatre kilomètres de l’usine de valorisation des déchets OCREAL, objet de tous les conflits sociopolitiques du territoire depuis une dizaine d’années.

 

3.2 Limites de l’intégration du travail à l’échelle des communes au sein de la collectivité.

Bien que notre dispositif RAP se soit inscrit dans un processus instituant, il se limitait à une participation citoyenne en parallèle du cadre de la concertation du processus d’élaboration du PCAET. Cette concurrence avec le bureau d’études mandaté et la frilosité du service en charge du PCAET ont été un frein à l’intégration du travail réalisé à l’échelle des communes. Nous nous limitons dans le cadre de cet article à expliciter ces freins. L’ingénierie a permis la traduction des actions construites en ateliers participatifs dans des feuilles de routes prenant en compte les orientations stratégiques et la technicité des services de la collectivité (voir annexe 2). Cette traduction correspond à l’ensemble des actions issues des ateliers participatifs en fonction des compétences de l’Agglomération (82 actions pour 4 compétences obligatoires de la collectivité, 4 optionnelles. Une compétence a été créée par les acteurs : « Animation PCAET » considérée comme complémentaire des autres. Nous comptabilisons en moyenne 3 indicateurs par action). Cependant cette intégration dans le plan d’actions du PCAET a été très limitée en raison de la persistance d’habitude adossant de manière systématique à chaque action une contrainte de financement obligatoire. Le PCAET est perçu par les agents et les services de la collectivité comme un cadre réglementaire contraignant, l’arbitrage pour l’action est freiné par une crainte de devoir imputer un budget pour chaque action initiée. Ainsi, la stratégie retenue par la collectivité a été de renforcer les actions et stratégies en cours portées et faisant l’objet d’un financement.

De plus, il est important de souligner que le dispositif n’a pas eu d’effet à l’heure actuelle sur la gouvernance interne de l’Agglomération dans le sens où ce travail aurait dû être réalisé en collaboration directe avec l’ensemble des services de l’Agglomération concernés par les enjeux traité (déchets, eau, aménagement). Nous avons été contraints et limités dans cet exercice par la DGA du service en charge du PCAET qui a demandé à cloisonner le travail à la politique publique ciblée : le PCAET qui relève donc de son service. L’intégration du dispositif à l’échelle de l’agglomération reste donc une limite importante.  Les réunions de cadrage ont permis d’acclimater le dispositif auprès des agents afin de pouvoir enclencher le processus d’institutionnalisation mais ce dernier reste à ce stade insuffisant. Ce résultat est en forte opposition avec le terrain comparatif de Perpignan Méditerranée Métropole. En effet, alors qu’il s’agissait de faire une analyse par de l’observation participante, l’ingénierie en collaboration avec le bureau d’étude mandaté a été développé dans le cadre de la construction du PCAET. Ces résultats très contrastés mettent au jour la pertinence de déployer le dispositif participatif sur différents territoires suivant une méthodologie commune pour bénéficier de jalons comparatifs pertinents afin d’analyser les freins inhérents aux institutions dans une approche multi-scalaire.

 

CONCLUSION

Les premiers retours de la phase d’opérationnalisation mettent au jour les apports de  l’ingénierie de la participation dans le dispositif RAP. Sur le plan heuristique, ces apports se situent à la fois sur le plan du R de la Recherche, du A de l’Action et du P de la Participation. Ces premiers résultats nous encouragent à répliquer le dispositif participatif sur d’autres territoires dans différents contextes sociaux et politiques qu’ils soient urbains, périurbains ou ruraux. Pour mener à bien ce projet d’un déploiement à plus grande échelle, il apparaît pertinent de tenir compte de plusieurs risques identifiés.

En premier lieu, il semble important de vérifier sa capacité à gérer les débordements ou des situations de violences verbales (Blondiaux, 2008). L’ingénierie par sa capacité à créer les conditions du débat orientée vers l’action a permis de réguler et de se nourrir des conflictualités territoriales. Elle permet de prendre en compte efficacement les asymétries de pouvoir et en ce sens constitue une innovation pertinente. Cependant, la bonne conduite du dispositif participatif réside dans la capacité du dispositif à garder une position d’équilibre axiologique de facto instable qui représente un risque à analyser dans différents contextes. Cet équilibre est instable parce qu’il est en permanence perturbé par la pression exercée par les différents acteurs aux intérêts divergents. Dans le cas limite d’une impossibilité de mener à bien le dispositif, les données produites permettraient d’analyser finement les limites de l’écosystème investi en prenant dans une matrice commune le rôle des agents et des organisations et notamment les communes et la ou les collectivités. Sur le plan de la recherche il permet de développer une analyse à différents niveaux d’échelles en mettant au jour à la fois les champs de force en présence et les micros conflictualités parfois internes à certaines organisations impossibles à discerner dans un cadre d’investigation classique.

Ce qui nous amène en deuxième lieu à questionner le niveau d’échelle pertinent pour développer un dispositif de démocratie participative. Comme le soulignent Julien Talpin et Yves Sintomer (2011) de nombreux acteurs (Dahl, 1994 ; Gourgues, 2009 ; Dubedout, 1983 ; Blondiaux, 2008 ; Le Bart, Lefebvre, 2005 ; Sintomer, 2008) dans la lignée des Montesquieu, Rousseau, de Tocqueville ou encore Dewey considèrent que l’échelle pertinente est celle du local. Si notre expérimentation participative confirme que la participation citoyenne directe se situe dans un enracinement micro-local, il est important de prendre en considération les pièges du localisme (Talpin, Sintomer, 2011) qui limitent la participation de proximité à des enjeux dépolitisés et découplés des véritables problématiques sociétales maintes fois dénoncés dans la formule désormais célèbre « Pas dans mon jardin (NIMBY) ». Or, le dispositif participatif que nous avons construit permet en partie d’éviter ces écueils.

D’une part, il permet de politiser les enjeux dès la rue en prenant en compte une plus grande hétérogénéité d’acteurs au-delà de la société civile ordinaire. En ce sens, le dispositif participatif permet de mieux concilier l’impératif de participation du plus grand nombre et notamment les plus éloignés de la boucle décisionnelle. Le travail de définition et par voie de conséquence d’étiquetage de ce qui est du registre du politique est effectué non plus uniquement par les acteurs habilités mais par le citoyen ordinaire. La politisation des enjeux effectuée dans la rue sert de cadrage à l’atelier participatif qui suit, le design étant conçu pour absorber une participation massive. Il nous reste encore à stabiliser les outils analytiques afin de pouvoir mieux cartographier les personnes captées dans la rue, la mobilisation massive et les moyens limités dans le cadre de ce projet, ne nous ont pas permis d’avoir un control satisfaisant.

D’autre part le design de l’ingénierie est conçu pour questionner les grands enjeux à tous les niveaux d’échelles à la fois locales, régionales voire nationale ou de l’Union européenne tout en redistribuant chaque action en fonction des différentes délégations de compétences réglementaires. En ce sens, le dispositif participatif permet de décloisonner les problèmes locaux en permettant d’aborder les questions d’envergure majeure comme celle de la qualité de l’air, du climat et de la santé.

En troisième lieu, le dispositif permet de nourrir considérablement la réflexion autour de la place et le rôle du chercheur dans la démocratie participative en le plongeant dans une forme de kaléidoscope réflexif du monde social qu’il tend à transformer. En effet, le dispositif participatif s’inscrit résolument dans une perspective normative d’amélioration de la démocratie en raison de sa dimension praxéologique et sa visée institutionnelle. En se gardant bien de naturaliser le monde social, le dispositif agit sur le plan de la recherche comme un instrument de mesure permettant d’analyser les rapports de forces dans des limites qu’il s’agit de bien identifier. Cette posture de résilience redéfinissant en permanence un équilibre des rapports de force permet un accès au terrain particulièrement fécond. Cependant cette posture demande des compétences réflexives particulières qui induisent une montée en compétence des pratiques participatives et s’expose aux limites du marché de la participation (Mazeau, Nonjon, 2018). Le dispositif en l’état ne se prémunit pas des possibilités de récupération par les élus visant à légitimer leur pouvoir (Talpin, 2013). Il reste à ce stade à analyser sur une échelle de temps plus grande la réelle portée de ce type de dispositif qui pourrait faire l’objet d’une analyse complémentaire. Aussi, ces premiers résultats nous encouragent à répliquer le dispositif participatif sur d’autres territoires dans différents contextes sociaux et politiques qu’ils soient urbains, périurbains ou ruraux. Le projet BREATHE[19] financé par l’ANR 2019-2023 correspond à une des prolongations possibles et permettra de développer le dispositif à l’échelle de Toulouse Métropole.

 

REMERCIEMENTS :

Nous remercions : l’ADEME pour avoir soutenu financièrement le projet Air Climat Santé Société et Art, Marc Arguillat référent ADEME local concernant la qualité de l’air, l’ensemble des personnes mobilisées dans la rue et les participants aux ateliers et réunions publiques, les différentes associations ainsi que les agents et les élus des municipalités de Valergues, Mauguio-Carnon, Lansargues, La Grande-Motte, Palavas, leurs opposants politiques, les agents et élus de l’agglomération Pays de l’Or, l’équipe de Pierre Camps de l’UMR Géosciences, ATMO OCCITANIE.

 

 

 

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[1] Nous définissons l’agir climatique comme une déclinaison de l’agir environnemental (Bertrand, 2012 ; Larrère, Larrère, 2015), c’est-à-dire un agir politique qui se distingue de l’agir technique en prenant en compte à la fois la fabrique et le pilotage des politiques publiques. Il s’inscrit sur le plan juridique dans le droit de l’environnement (Monédiaire, 2013) définissant la démocratie environnementale. Les modalités d’application de l’agir environnemental et plus précisément de l’agir climatique intègre les droits définis dans différents documents : la Charte constitutionnelle de l’environnement (article 7) et la Convention Aarhus définissant un droit à l’accès : à l’information, à la participation du public et à la justice en matière d’environnement. Cette définition représente une tentative de clarification qui n’est en rien figée.

[2] Décret n° 2016-849 du 28 juin 2016 relatif au plan climat-air-énergie territorial.

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2016/6/28/DEVR1603758D/jo/texte, consulté le 6 novembre 2019.

[3] LOI n° 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/1996/12/30/ENVX9500163L/jo/texte, consulté le 6 novembre 2019.

[4]Cycle de rencontre organisé par la bibliothèque publique d’information, 31 octobre 2019 « Local, régional, national : comment et à quel niveau participer ? » animé par Loïc Blondiaux https://www.youtube.com/watch?v=xjICnjL5Ioc&feature=youtu.be&fbclid=IwAR0LBFW8ar5XTxYG5-f4-SR8UIn68viOxaG2BIuE_VSiXgc1POmnRne0Kvc), consulté le 6 novembre 2019.

[5] Voir notamment le lien : https://www.tela-botanica.org/wikini/gdr-parcs/wakka.php?wiki=PagePrincipale&Authorization=

[6] Le nom de l’association ARTIVISTES est un acronyme (Association de Redynamisation des Territoires par l’InnoVation Sociale des Transitions EnvironnementaleS). L’adjonction du terme atelier quant à lui a pour objectif de préciser le caractère participatif de la démarche.

[7] AACT-AIR est un appel à projet national visant à Aider à l’Action les Collectivités Territoriales en faveur de la qualité de l’AIR, https://www.ademe.fr/expertises/air-bruit/passer-a-laction/dossier/programmes-faveur-qualite-lair-aact-air-cortea-primequal/aact-air-actions-faveur-qualite-lair-territoires, consulté le 6 novembre 2019.

[8] Nous considérons le citoyen ordinaire comme l’acteur central au sens le plus noble du terme, à contre-emploi avec une vision scientiste considérant l’expertise citoyenne de « Madame Michu » (Scotto d’Apollonia, 2015) comme accessoire.

[9] Le terme de « co-construction » fait l’objet de plusieurs usages en sciences sociales. Cette pluralité est bien repérée et explicitée par Madeleine Akrich dans son chapitre « Co-construction » dans le Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation (2013).

[10] Analyse Citoyenne des Données (ACD) est un programme développé par les membres du GDR PARCS.

[11] Pierre Maurel, Éric Barbe, Hélène Rey-Valette, Eduardo Chia, Christophe Soulard, Laura Michel et Mathilde Pinto, RETOUR D’EXPÉRIENCE SUR LA CO-CONSTRUCTION D’UN GUIDE SUR LA GOUVERNANCE TERRITORIALE Irstea | « Sciences Eaux & Territoires » 2014/1 Numéro 13 | pages 60 à 65 ISSN 2109-3016

[12] En ce sens, dans le cadre du projet ANR BREATHE, nous allons déployer le dispositif dans un contexte urbain avec Toulouse Métropole.

[13] Les limites inhérentes à la construction des données sur le territoire pilote sont dues principalement aux contingences du terrain (pluie, calendrier électoral, et aux moyens humains (prises de notes, observateurs, captations vidéo et photo). La construction des données est résumée dans le schéma ci-dessus

[14] Le bureau d’étude AGATE (sous-traitant EQUINEO) a remporté l’appel d’offre du marché public de l’Agglomération pour le diagnostic et la concertation du PCAET lancé avant le démarrage du projet « Air climat santé société & Art ».

[15] Intervention en qualité d’expert lors du lancement de la concertation du PCAET sous la forme de Forum le 22 Mars 2019, participation aux réunions de COPIL du PPA de la zone urbaine de Montpellier de Décembre 2017 à Mars 2018 et à la concertation citoyenne octobre 2019, co-organisation des marches citoyennes pour le climat.

[16] L’institut de la Concertation et de la Participation Citoyenne (ICPC) est un réseau national de praticiens et chercheurs engagés dans des démarches participatives, désireux de mutualiser leurs pratiques et de les faire progresser.

[17]Cette ingénierie avec la phase de mobilisation en amont a été transposée dans le cadre de l’accompagnement des marches pour le climat et des débats lycéens et du mouvement Youth for Climate et permis de développer au printemps 2019 un dispositif éducatif Artivistes qui sera pilote à l’échelle de l’Académie Occitanie (2019-2020).

[18] C’est le cas par exemple de la commune de Saillans dans le département de la Drôme, un village de 1300 habitants. Saillans expérimente depuis les élections de 2014 un mode de gouvernance « participative et collégiale» : http://www.mairiedesaillans26.fr/gouvernance-collegiale-et-participative/, consulté le 10 novembre 2019.

[19] Voir notamment les sites Internet : https://breathe.hypotheses.org/ ou encore http://artivistes.neowordpress.fr/

Co-construction de la réponse à l’appel à projet participatif CO3 Mobilités Air Santé

PROJET CO3 SUR LES MOBILITES

Dans le pur esprit des sciences participatives et d’une co-construction de la problématique de recherche et territoriale l’équipe Artivistes a animé plusieurs réunions de co-écriture de réponse à l’appel à projet CO3. co-porté par l’ADEME, la Fondation de France, les fondations Agropolis, Daniel et Nina Carasso et Charles Léopold Mayer,

Ce projet innovant a permis de mettre en synergie l’ensemble des acteurs qu’ils soient élus, agents, chercheurs, associatifs ou simples citoyens dans l’exercice de co-écriture .

La force et l’originalité de ce projet est de s’appuyer sur l’ingénierie de la participation Artivistes-atelier, véritable innovation sociale, politique et environnementale dans le sens où elle se nourrit de la conflictualité pour améliorer l’efficacité des politiques publiques.

RESUME DU PROJET

Ce projet vise à développer une Recherche Action Participative sur les enjeux de mobilités au sein et à travers Montpellier Territoire (M3M, Pays de l’Or, Pic Saint Loup, Sète Agglo Pôle) en s’appuyant sur le projet BREATHE [ANR UMR Géosciences Montpellier, GET et Artivistes-Atelier (AA)] de biosurveillance participative citoyenne de la qualité de l’air à partir de collecte de plantes et le projet des 3 Cités PoDéMoS (Effect of Air POllution on the risk of DEmentia and on its Main biOmarkerS INSERM). La force de ce projet est de s’appuyer sur l’ingénierie de la participation développée par l’association AA et le GDR PARCS en croisant les expertises d’un consortium composé de l’ensemble des acteurs de Montpellier territoire et notamment les associations dédiées (notamment Vélocité et Vélo Pays de l’Or). Fruit d’une véritable co-construction citoyenne en amont, le projet vise à développer sur la zone test identifiée comme la plus complexe, des itinérances citoyennes afin de co-construire une métrologie fine de la qualité de l’air et une expertise chirurgicale des problèmes à traiter. L’articulation de l’analyse citoyenne des données issues de ces campagnes de terrain et de l’ensemble du travail prospectif réalisé en amont par les associations, les services et les élus des collectivités permettront de nourrir les ateliers participatifs en s’appuyant sur l’ingénierie AA afin de développer des plans d’actions permettant de dépasser la complexité des délégations de compétences inhérents au maillage territorial et à co-construire les conditions d’opérationnalisation d’un plan des mobilités prenant en compte les liaisons inter et intra collectivités en s’appuyant notamment sur les PCAET et le maillage réglementaire des différents plans liés (PDE, PDES, PDU, PLU, PLUi, CPER) et des schémas directeurs (SCoT, SRADDET). En croisant une analyse qualitative et quantitative des données de santé publique en s’appuyant sur l’équipe INSERM, ce projet vise à mettre en place sur le long terme les conditions d’amélioration sur la qualité de l’air et la santé publique et notamment les personnes en situation de précarité sociale et environnementale.

Conçu pour être reproductible à plus grande échelle, sur le plan scientifique ce projet vise donc à co-construire une analyse de ses effets sur : (1) la santé publique, (2) sur les changements opérés sur les acteurs y compris les agents et les élus que ce soit sur les pratiques professionnelles, les modes de déplacements professionnels et de loisirs, (3) sur leurs perceptions et notamment en matière de bien être, (4) sur l’efficacité des actions mises en place et notamment les politiques publiques, (5) sur la place et le rôle des citoyens à la fois dans le dispositif ainsi que (5’) dans les boucles décisionnelles en portant une attention particulière aux asymétries de pouvoir, (6) sur la gouvernance interne des collectivités et la gouvernance inter collectivités.

RDV ATELIER PARTICIPATIF POUR CO-CONSTRUIRE LES MOBILITES DE DEMAIN 

Sans attendre les résultats de l’appel à projet CO3,  l’association profitant d’un atelier participatif citoyen organisé dans le cadre de l’agenda 21 de la Mairie de Vendargues, Artivistes atelier a permis de poursuivre le travail de co-construction entamé par la rédaction du projet.

Cet atelier s’est déroulé le 19 novembre 2019 à  18h30 à la salle Armingué. Les élèves des écoles primaires ont pu avant l’atelier présenter leurs réalisations artistiques et ludiques d’éducation aux enjeux climatiques menés par l’association.

COMPTE RENDU ATELIER PARTICIPATIF

Cet atelier s’est déroulé avec des associations très actives concernant les mobilités notamment des représentants de l’association Vélocité et notamment Nicolas Lemoigne, vice-président et porte parole. Nous avions la chance aussi de profiter de l’expérience de membres de l’association Vélo Pays de l’Or et de sa fondatrice Annie Gal. Etaient aussi présents Ma Vie en Live et TCV ainsi que TMB Saint Aunès.
Lionel Scotto d’Apollonia et Davia Dosias-Perla ont présenté le projet de Recherche Action Participative débuté au printemps 2019 et faisant l’objet d’une réponse à l’appel à projet ADEME CO3. Ce projet vise à apporter des solutions concrètes aux questions de mobilités à la fois au sein de la Montepllier Métropole et des liens avec les collectivités voisines, notamment l’agglomération Pays de l’Or.
La force de ce projet est de s’appuyer sur l’ingénierie de la participation développée par Davia Dosias-Perla dans le cadre de l’accompagnement de l’Agglomération Pays de l’Or dans l’élaboration du Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET). L’atelier était orienté autour de la question:
Quelles conditions pour un linéaire cyclable sécurisé et continu de l’ouest à l’est du territoire montpelliérain.
Pendant ce temps un atelier était organisé pour et par les enfants, au programme dessin, street art et construction moléculaire.
QUESTIONS :
Quelle échelle de travail ?
Quelle finalité ?
Quels leviers d’action publique ?

DESIGN

Design de l’atelier Objectifs
Etape 1 Délimiter un territoire par table de travail
Etape 2 Etablir un état des lieux partagé: pistes / chemins / axes existants sur la base d’indicateurs : état de la voirie, fréquentation cyclistes, sécurité (voitures, camion), éclairage, aménagements.
Etape 3 Dresser des pistes de solutions: quelles conditions pour lever les freins à la cyclabilité.
Etape 4 Partage et discussions

RAPPELS

RAPPEL EXPERT: LES GRANDS ENJEUX CIBLES PAR VELOCITE et la FUB (réunion 30 janvier 2019)

Les trois principaux freins à la pratique du vélo sont :
(1) le manque d’infrastructures adaptées (absence d’équipements, réseau discontinu, sentiment d’insécurité),

(2) les incivilités et infractions (stationnement sur pistes cyclables, violence des autres usagers) peu verbalisées)

(3) la peur du vol (manque de stationnement).

Les quatre principales motivations pour faire du vélo sont le sentiment de liberté (plus d’un tiers des participants !), la rapidité et la ponctualité, l’activité physique et aussi l’économie de carburant.

Les deux principales pistes pour inciter à la pratique du vélo sont :
(1) la volonté des élus (augmenter la part de l’espace accordée aux vélos et aux piétons au détriment de la voiture individuelle et des deux-roues motorisés),
(2) l’éducation voire la pédagogie (sensibiliser sur la rapidité du vélo, organiser des journées sans voiture).

IDENTIFICATION DES AXES

L’identification des axes existants est réalisée par :
– des retours d’usages des participants. Les habitants sont les premiers experts de leur territoire et des problèmes qu’ils rencontrent au quotidien dans leurs déplacements.
– des informations réglementaires, institutionnelles par les membres de VéloPays de l’Or et VéloCité et les autres membres des associaitons présentes.
– l’expertise d’Artivistes en matière de construction des plans de déplacement doux.

DEUX GROUPES DE TRAVAIL

Les participants se divisent en deux groupes.

GROUPE 1 :VENDARGUES INTRA MUROS
Territoire de Vendargues intra muros animé par Lionel Scotto d’Apollonia travaille sur un support de carte du PLU de la commune détaillant les noms de rues et les zones d’activités.
Le débat s’amorce sur les points noirs qui devraient faire l’objet d’un traitement immédiat en raison de leur niveau de dangerosité.

GROUPE 2: TERRITOIRE ELARGI
Territoire Pays de l’Or et Métropole de Montpellier animé par Davia Dosias-Perla élabore son plan d’actions sur la base d’un plan à co-construire à partir de la commune de Vendargues disposée sur un grand support vierge. a

Le groupe 2 indique les priorités de déplacements «doux» sur les territoires limitrophes. Après discussions ils inscrivent les communes de :

Mauguio – Saint Aunès- Castries – Baillargues – Montpellier – Vendargues- Le Crès.

Les participants des deux groupes s’accordent pour établir un premier diagnostic partagé de l’état de l’existant et des priorités à développer pour garantir une continuité cyclable sécurisée sur le territoire ciblé à chaque table.

SYNTHESE

GROUPE 1 :VENDARGUES INTRA MUROS

Le groupe constitué de vendargois s’est atelé à identifié les axes à améliorer pour une continuité cyclable sûre au coeur de Vendargues :
– élargir les trottoirs
– zone piétone aux abords des commerces (favorisant l’attractivité du centre ville)
– sécuriser l’accès à la piste cylcable du Crès par une passerelle
-sécuriser l’ensemble des accès aux écoles de la commune (2 accès par écoles)
– prévoir des aménagements (feux rouge, céder le passage, passages, passerelles) à chaque point de sortie et d’entrée de Vendargues vers les axes cyclables prioritaires (Crès, Castries, Saint Aunès, Montpellier)

Le groupe 1 a travaillé sur des plans d’actions pour répondre aux freins identifiés dans l’étape 2.
Ainsi ressortent unanimement :
– un plan de circualtion pour le coeur de village
– un plan de circulation pour les entrées et sorties cyclables de la commune
– élargir et /ou créer des trottoirs aux points “noirs” identifiés
– sécuriser les accès écoles (aménagements)
– développer le parcours de l’hypobus

GROUPE 2: TERRITOIRE ELARGI

Sur la base des usages de chacun et projets d’aménagement en cours (PAys de l’Or, Département de l’Hérault, Métropole de Montpellier, Commune de Valergues), ce groupe a identifié des axes non répertorié comme à améliorer :

– D 2112 de Saint Aunès à Mauguio en comprenant l’accès à Emmaûs
– Rue de la poste de Saint Aunès à Baillargues
– Chemin d’Emmaus à la ZAC Sain Aunès et Vendargues –> éclairage
– Chemin de Bannière
– Piste cyclable du Crès (Vendargues)
– Rond point de Castries
– Futur projet Eden (Vendargues)
– Ancienne voie ferrée (Montpellier – Vendargues- Casrties – Baillargues)
– Chemin des coustouliers

Le groupe 2 a identifié des pistes de solutions concrètes telles que :
– proposer un projet d’aménagement au Département de l’Hérault pour la traversée du rond point de Castries (ouvrage d’art, aménagement cyclable au milieu)
– étbalir un plan de circulation pour la traversée du rond point de Castries.
– développer avec tout acteur volontaire un projet pilote test sur l’ancienne voie de chemin de fer (supports bois) et chiffrer les usagers .
– étabir les point forts d’un tel projet : levier pour la continuité des axes Vendargues – Le Crès et Castries – Vendargues.

CONCLUSION

Les échanges ont porté sur les grands projets portés par les associations Vélo Cité et Vélo Pays de l’Or. Cet atelier est dans la continuité de l’ensemble des autres ateliers menés par les différents acteurs.

Il apparait qu’il est nécessaire de travailler à des échelles micro-locales, quartier par quartier, rue par rue, problème par problème tout en contextualisant en permanence la problématique sur le plan général.

Vendargues, comme le disais un des participants est dans une sorte de triangle des Bermudes, enclavés par la circulation routière. Il apparait très dangereux de s’aventurer à pied ou à vélo hors du périmètre définissant la commune.

Pour exemple le seul accès menant à la Cadoule ayant fait l’objet d’un aménagement reste très dangereux, d’autant plus si la balade s’effectue en famille.

L’action «LE BAROMETRE DES VILLES CYCLABLES» a été présentée par Nicolas Lemoigne administrateur Vélocité Montpellier invitant tous les participants à s’exprimer en ligne pour affiner les analyses comparatives sur l’évolution des pistes cyclables au sein des villes enregistrées.
Il est important de se connecter sur le site Internet de parlons-velo.fr (voir encadré ci-contre) afin de mettre en avant les problèmes rencontrés.

Il reste donc tout à faire pour déployer un plan mobilité d’envergue à la hauteur de l’urgence de la problématique.
L’association Artivistes-atelier est d’autant plus partie prenante qu’elle a développé une ingénierie de la participation innovante et unique à l’échelle du territoire national afin de mettre en synergie l’ensemble des expertises et de co-construire des solutions concertées dont l’efficacité aura fait l’objet d’un examen minitieux.

RETOUR SUR LE HORS LES MURS MEZE MARDI 2 JUILLET 2019

HORS LES MURS 2 JUILLET 2019 19H DEVANT LE CLUB THALASSA MEZE GRATUIT

Dans le cadre de l’école thématique CNRS organisée du 1 au 5 juillet 2019,

Artivistes-atelier a déployé son dispositif hors les murs pour présenter les moyens de mobilisation par l’art et la culture et les outils participatifs de rue, en l’occurrence nos méduses aériennes.

Un franc succès, des rires, des échanges avec les chercheurs et passants sur les usages de l’étang de Thau juste en face.

DES CHERCHEURS SPECIALISTES DES SCIENCES PARTICIPATIVES ET DES PASSANTS MEDUSES

DE LA MUSIQUE DU STREET ART DES OUTILS PARTICIPATIFS DE RUE…

… de la joie, de la bonne humeur, des échanges, une zone de démocratisation des enjeux socioenvironnementaux et surtout d’échanges entre les sciences et la société.
Spéciale dédicace à Jacques et Michelle (Chevalier), nos amis outre atlantique grands spécialistes de la RAP qui nous ont fait l’honneur et le plaisir d’animer notre école thématique.
Merci à Sylvie (Blangy) qui ne compte pas ses heures et garde le sourire en toute circonstance.
Merci à toutes et tous les participants.
Merci à nos artistes qui ont fait le déplacement Tipa Tipa et David.

 

 

BAR DES SCIENCES 20 JUIN 2019 BRASSERIE DE LE DOME MTP 20H30

190214 Bar des Sciences Web 2019

RDV CE SOIR AU BAR DES SCIENCES POUR LES QUESTIONS AIR CLIMAT SANTE

Le dernier Bar des sciences de la saison aura lieu jeudi 20 juin sur le thème : « La qualité de l’air en milieu urbain – Mesures, santé, prévention ». Ce sera aussi une édition festive et pleine de surprises pour marquer ses 20 ans !

QUALITE DE L’AIR

La qualité de l’air est devenue un enjeu majeur de santé publique et elle est au coeur de la transition écologique, énergétique et solidaire. Le dernier rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement publié en octobre 2018 est alarmiste : en 2015, 48 000 décès prématurés en France sont imputés à une qualité de l’air fortement dégradée en milieu urbain. Régulièrement, les organismes publics, médecins, chercheurs, associations citoyennes, sonnent l’alarme de la pollution atmosphérique et force est de constater que les politiques publiques peinent à mettre en place des mesures efficaces pour diminuer ce risque sanitaire. Selon l’OMS, la pollution de l’air est le principal risque environnemental pour la santé dans le monde. Entre inquiétude et prise de conscience, les questions affluent : D’où viennent les différents polluants qui se concentrent au coeur des villes et dégradent l’air que nous respirons ? Quels sont leurs impacts sur notre santé ? Quelles sont les précautions et mesures à prendre ?
Ce débat sciences-société rassemble 4 scientifiques et spécialistes du sujet :
 Pierre Camps, Directeur de recherche CNRS au laboratoire Géosciences (Université de Montpellier)
 Davia Dosias-Perla, Ingénieure d’étude au laboratoire ARTDev (Université Paul Valéry) – Co-fondatrice de l’association Les Artivistes
 Lionel Scotto d’Apollonia – Chercheur associé au laboratoire LIRDEF (Université de Montpellier – Université Paul Valéry) – Sous-directeur du GDR Parcs – Co-fondateur de l’association Les Artvistes
 Florence Trébuchon, Médecin allergologue – Membre du Collectif Air-Santé-Climat et de l’ASEF (Association Environnement France)
Infos pratiques
 Jeudi 20 juin à 20h30 à la brasserie Le Dôme
2, Avenue Georges Clémenceau – 34000 Montpellier
 Soirée anniversaire-surprises
 « After-bar des sciences » : interventions musicales Afro-latines du groupe Onda Ya

https://languedoc-roussillon-universites.fr/actualites-evenements/325-bar-des-sciences-2019-la-qualite-de-l-air-en-milieu-urbain-le-20-juin-2019

Prix de la Recherche Action Participative

Les projets ARTIVISTES  à l’honneur

Nous avons le plaisir d’être sélectionnés parmi plus de 50 projets pour concourir au prix de la recherche action participative. Dans la chaleur estivale nous allons rédigé une note de synthèse, les résultats finaux sont attendus à l’automne…

Notre projet articule le projet financé par l’ADEME Air Climat Santé Société & Art et le projet Particip’Air !

La Fondation de France et le Groupement d’intérêt scientifique Démocratie et Participation partagent la conviction que la participation de toutes et tous à la production des savoirs est une condition nécessaire pour affronter les crises sociales, environnementales et démocratiques et relever les défis à venir.

Ils s’associent pour organiser un Prix de la recherche participative 2019permettant de mettre en valeur la recherche participative qui rassemble chercheur·e·s, professionnel·le·s et citoyen·ne·s.

Objectif

Le prix de la recherche participative entend contribuer à stimuler à la fois le débat sur ces questions épistémologiques et les expérimentations concrètes de recherches participatives en France. Les équipes lauréates bénéficieront d’une dotation financière dédiée à la valorisation de la recherche participative, selon un format adapté à chaque collectif.

Critères de sélection

Le prix de la recherche participative porte sur la valorisation de recherches déjà abouties, dont les premiers résultats sont suffisamment avancés pour être présentés, et permettent d’évaluer comment s’articulent production de connaissances et action.

Le comité scientifique appréciera la qualité globale des démarches présentées. Il prendra en compte la diversité des approches, des champs, des méthodes et des publics ciblés, notamment les personnes en situation de précarité éloignées des processus de participation, selon les recherches.

Il sera particulièrement attentif à quatre dimensions essentielles de la recherche participative :

  • Les objectifs : Pourquoi le collectif d’acteur.es-chercheur.es s’est-il formé ? Quelles ont été les motivations et les raisons pour l’impulsion de cette démarche de coopération ?
  • La méthode : Quelles sont les modalités d’implication des personnes concernées ? Comment le processus de recherche prévoit-il et permet-il leur entière inclusion à toutes les étapes et dans toutes les activités de recherche, en adaptant la méthode à leurs éventuelles difficultés ? Comment le processus de recherche permet-il également un changement de la posture de chercheur ?
  • Les effets sur les connaissances : Quels sont les impacts de la recherche sur la production de nouvelles connaissances ? Sur la formulation de nouvelles hypothèses ? Sur le développement de nouvelles méthodes ?
  • Les effets sur la société : Quels sont les impacts (envisagés et constatés) pour les différentes personnes impliquées, y compris les chercheurs ? Sur leur environnement ? Sur le problème traité ? Sur les institutions ? Sur les décisions publiques ?

Plus de renseignements sur: http://www.participation-et-democratie.fr/fr/content/prix-de-la-recherche-participative

RDV JEUDI 25 JUILLET 2019 – 06H30 RUE DU BERBIAN SORTIE VALERGUES

PRE-ETUDE D’IMPACT DE LA QUALITE DE L’AIR A VALERGUES JEUDI 25 JUILLET 2019 – 6H30 – RUE DE BERBIAN A LA SORTIE DE VALERGUES

L’heure est matinale mais permet d’éviter les grosses chaleurs. Ce n’est pas le démarrage du programme de sciences participatives mais une pré-étude qui nous permettra de conduire plus efficacement la « grande campagne participative » qui débutera à l’automne 2019.

Nous allons longer le canal et collecter des plantes sur toute la longueur de la haie arborée en sélectionnant une ou deux espèces.

RAPPEL DU RESUME DU PROJET ANR BREATHE

Dans le cadre du projet BREATHE, dirigé par Pierre Camps, mené avec l’UMR Géosciences Montpellier visant à développer une biosurveillance particpative de la qualité de l’air sur plusieurs communes.

Dans quelle mesure le magnétisme environnemental permet-il une bio-surveillance pertinente de la pollution de l’air aux particules fines en milieu urbain et péri-urbain ? L’intégration des citoyens depuis une métrologie sur bio-capteurs jusqu’à la construction d’un plan d’action peut-elle servir de levier sur les décisions politiques qui concernent la qualité de l’air ? Ces deux questions sont au cœur du projet BREATHE. Pour y répondre, nous mettrons en œuvre un programme de Science Citoyenne de bio-surveillance par les techniques du magnétisme environnemental qui puisse servir de base solide à un programme de Recherche-Action Participative. L’enjeu est d’intégrer pleinement le citoyen dans la construction et la mise en place des politiques publiques des territoires sur la qualité de l’air. Sur le plan de la métrologie, l’avantage du projet BREATHE est sa capacité à produire, grâce à la technique employée, un grand nombre de mesures rapides et peu chères prenant en compte la présence de nanoparticules. Ces caractéristiques permettent une production de cartes singulières à haute résolution spatiale des dépôts de polluants selon des modi operandi intégrant les citoyens. Tout le défi de BREATHE sera de porter la technique du magnétisme environnemental sur biomatériaux à un niveau de validation qui permette de l’utiliser in fine dans la co-construction d’une part d’outils d’aide à la décision intégrant des indicateurs d’efficacité afin de mettre en œuvre plus efficacement les politiques publiques sur la qualité de l’air et d’autre part de feuilles de route pour les réformes métrologiques et institutionnelles.

Nous avons ciblé trois zones tests sur lesquelles il existe à la fois une source potentielle bien identifiée de pollution anthropique aux particules fines et une mobilisation déjà bien avancée en amont du projet BREATHE depuis le citoyen jusqu’aux élus. Ces trois zones tests correspondent à la commune de Saint-Aunès riveraine d’une autoroute à 12 voies de circulation, aux communes de Valergues et Mauguio directement concernées par les rejets d’une usine de valorisation des déchets, et à plusieurs rues « canyons » en milieu urbain dans la ville de Toulouse. L’ambition de BREATHE est de développer avec et pour le citoyen une méthode qui puisse être déployée sur différents territoires et à différentes échelles. Ce projet a reçu le soutien de la société privée ASF/VINCI qui a financé le développement et la réalisation d’un banc expérimental pour étalonner la mesure des dépôts de polluants sur les végétaux, et du soutien des communautés territoriales concernées, Toulouse Métropole et Agglomération du Pays de l’Or. BREATHE est un projet hybride qui s’inscrit résolument et modestement à son échelle dans les outils pour relever les défis de la transition écologique et solidaire.

RESTE A CONSTRUIRE UN COLLECTIF CITOYEN POUR MENER LES RECOLTES ETE 2019

L’objectif de ce premier rendez-vous est de construire le collectif de citoyens et de vous expliquer la démarche participative.

Il s’agira dans un premier temps de faire un inventaire des plantes que l’on pourra récolter en s’appuyant sur votre expertise.

 

 

RETOURS SUR L’ECOLE THEMATIQUE CNRS 1-5 JUILLET 2019 – MEZE

RETOUR SUR LE HORS LES MURS 2 JUILLET 2019 19H DEVANT LE CLUB THALASSA MEZE GRATUIT

Dans le cadre de l’école thématique CNRS organisée du 1 au 5 juillet 2019,

Artivistes-atelier a déployé son dispositif hors les murs pour présenter les moyens de mobilisation par l’art et la culture et les outils participatifs de rue, en l’occurrence nos méduses aériennes.

Un franc succès, des rires, des échanges avec les chercheurs et passants sur les usages de l’étang de Thau juste en face.

DES CHERCHEURS SPECIALISTES DES SCIENCES PARTICIPATIVES ET DES PASSANTS MEDUSES

DE LA MUSIQUE DU STREET ART DES OUTILS PARTICIPATIFS DE RUE…

… de la joie, de la bonne humeur, des échanges, une zone de démocratisation des enjeux socioenvironnementaux et surtout d’échanges entre les sciences et la société.
Spéciale dédicace à Jacques et Michelle (Chevalier), nos amis outre atlantique grands spécialistes de la RAP qui nous ont fait l’honneur et le plaisir d’animer notre école thématique.
Merci à Sylvie (Blangy) qui ne compte pas ses heures et garde le sourire en toute circonstance.
Merci à toutes et tous les participants.
Merci à nos artistes qui ont fait le déplacement Tipa Tipa et David.

 

RETOUR SUR L’ATELIER Artivistes-atelier : une ingénierie de la participation au service de l’agir climatique. Mardi 2 juillet 2019 (14h30-17h30)

Présents : 14 participants

Animateurs et porteurs : Davia DOSIAS-PERLA et Lionel SCOTTO d’APPOLONIA (Artivistes atelier)

Mot clef : Climat, RAP and Decision Making : une co-construction de l’action publique.

1. Introduction

1.1. Contexte : double déficit de mobilisation citoyenne et d’efficacité des politiques publiques « Air climat »

Partant d’un constat d’un double déficit d’efficacité des politiques publiques en faveur des enjeux climatiques et de pollutions de l’air, ainsi que celui de mobilisation et l’implication des citoyens dans le processus décisionnel, Artivistes atelier a développé un dispositif innovant en Recherche Action Participative (RAP) et d’aide à la décision publique en faveur de l’agir climatique[1].

Fort de l’expérience du projet RAP « Air Climat Santé Société & Art », financé par l’ADEME (via l’appel à projet national AACT-AIR) et visant à aider à l’action en faveur de l’air l’Agglomération Pays de l’Or nous avons développé un dispositif participatif dont l’objectif est d’être reproductible sur d’autres territoires.

Ce dispositif participatif visant à s’instituer dans la fabrique des politiques publiques intègre une ingénierie de la participation (Dosias-Perla, Scotto d’Apollonia, Blangy, 2019) conçue sur la base d’un diagnostic partagé afin de répondre à l’ensemble des intérêts des acteurs. Le design de cette ingénierie permet de se nourrir de la conflictualité dans une logique d’action. Nous avons en ce sens testé la robustesse dans sa phase d’opérationnalisation à la fois au sein du territoire pilote, d’un territoire comparatif Perpignan Méditerranée Métropole et en accompagnant les Marches nationales pour le climat sur Montpellier tout autant que les mouvements des lycéens. Le constat demeure inchangé, les conditions de mobilisation sont relativement efficaces mais les logiques d’action et d’engagement restent très nettement insuffisantes au regard de l’importance des enjeux.

1.2. Problématique de l’atelier : liens entre l’agir climatique, la RAP et l’aide à la décision publique.

La problématique de l’atelier consistait à questionner en s’appuyant sur les différentes expériences des participants, les liens entre l’agir climatique, la RAP et l’aide à la décision. Grâce à la richesse de l’hétérogénéité des participants et des contextes inhérents aux différents projets menés il s’agissait d’apporter des éléments de réponse aux questions suivantes :

(1) Comment co-construire un protocole de RAP permettant de mettre en œuvre les conditions de réplicabilité permettant de s’adapter aux spécificités des territoires dans des contextes sociopolitiques différents ?

(2) Comment mobiliser le plus largement possible les acteurs d’un territoire de manière durable?

(3) Comment traduire la mobilisation en logiques d’engagement sur le territoire ?

(4) Comment traduire les données citoyennes issues de la RAP dans les documents cadres institutionnels et plans d’actions réglementaires ?

 

1.3. Objectifs de l’atelier participatif

Co-rédaction d’un article ou d’un Varia afin de le proposer dans la revue Participations ;

Co-production d’un protocole détaillé d’un dispositif RAP à l’échelle des territoires dans une logique d’aide à l’action publique sur l’enjeu climat qui prenne en compte les différents niveaux d’avancement des projets et leur degré d’inscription dans la politique territoriale.

1.4. Production finale de l’atelier

Linéaments d’un framapad pour la co-rédaction d’un article.

Analyse des conditions de réplicabilité de l’ingénierie dans les différents contextes de projets RAP de l’atelier.

Modus operandi et mode de contrôle de production de la donnée et de l’opérationnalisation d’un dispositif de « RAP & decision making ».

1.5. Méthodologie de l’atelier

Préambule introductif : 15 MINUTES

Cadre de l’atelier et précision du positionnement Recherche Participation et Action politique.

Précision du déroulé et des objectifs

Séquence 1 : Simulation d’un atelier participatif multi-acteurs au sein d’un projet RAP & Decision making : 1H15

« Du vécu et du discours individuel à la planification de l’action sur le territoire »

Enjeu : co-construction de la donnée à corpus discursifs sur le vécu expérientiel, degré de connaissance, bouquets d’actions, enjeux, feuille de route, conditions de mise en œuvre, acteurs clés, porteurs de projets, ressources et freins à l’action.

Techniques : multiples.

Design élaboré par Davia DOSIAS PERLA.

Séquence 2 : Positionnement des projets et catégories de projets RAP : 20 MINUTES

Techniques : Familles flottantes & Graphe cartésien

Séquence 3 : Comment faire pour traduire les construits dans les projets de chaque participant ? 1H

Enjeu : co-rédaction des linéaments d’un article

Techniques : Rédaction par famille, catégorie de projets (leur état d’avancement)

Toutes les 15 minutes une pause permettra à une sentinelle qui passera dans chaque famille de relever les 3 idées majeures et questions prioritaires et de les mettre à la vue de tous sur le mur central.

Séquence 4 : Mise en commun

1.6. Techniques utilisées pour l’atelier

Familles flottantes – graphe cartésien – Mur de légendes, brise-glace élaboré par Davia Dosias-Perla et Lionel Scotto d’Apollonia – Ingénierie de la Participation élaborée par Davia Dosias-Perla (bouquets d’action, évaluation, planification) – Stakeholder rainbow analysis.

 

2. Déroulement de l’atelier

2.1. Préambule introductif

Nous avons débuté avec une petite « Bulle réflexive » : actuellement contexte de canicule qui est peu propice au travail de groupe la salle est climatisée, ce qui alimente le dérèglement climatique, sujet de l’atelier.

Présentation des objectifs de l’atelier : co-rédaction d’un article, co-rédaction d’un protocole de recherche à partir d’un outil ‘type marguerite’ de la participation mis au point par Davia et Lionel. Les animateurs proposent aux participants d’éprouver cet outil, en fonction des différents projets des participants afin de l’améliorer et le mettre à disposition d’autres projets. Proposition de publier dans la revue Participation ;

Présentation du déroulement de l’atelier : 1h30 de test de l’outil, restitution, puis co-rédaction d’un protocole de recherche.

2.2. Brise-glace :

Exercice 1 « carte du monde » : les participants se positionnent sur la carte du monde virtuelle par rapport à l’endroit d’où ils viennent pour l’Ecole thématique. Après s’être présentés de manière informelle et avoir décidé collégialement où serait le « centre du monde », les participants se positionnent dans l’espace et observe l’hétérogénéité de l’atelier.

Exercice 2 « ligne osmotique » : les participants se positionnent sur la ligne osmotique sciences/sociétés en répondant à la question :

« Où vous situez-vous dans la recherche ? Plutôt science ou plutôt société ? »

 

Puis les binômes se créent selon une consigne visant l’équilibre et l’hétérogénéité. Le participant le plus à l’extrême côté science se mettra avec le participant le plus à l’extrême côté société, et ainsi de suite jusqu’à former huit binômes.

(Un des animateurs et la personne qui prend des notes ne participant pas).


Exercice 3 « T’es qui toi ? » :
les participants s’installent donc en binôme (Exercice 2), face à face, ou côte à côte. L’un présente son projet à son binôme, et l’autre doit faire un croquis de son visage sur un bout de carton. A la fin du temps imparti (environ une minute), le dessinateur écrit au dos du croquis trois mots qui qualifient le projet qui lui a été présenté. Puis, les participants échangent les rôles. A la fin de l’exercice, tous les croquis sont rassemblés sur « le mur des légendes ».

Exercice 4 : Graphe cartésien à positionnement

Distribution de feuilles en papier où les participants inscrivent :

Le nom de leur projet

Abscisses x : Son état d’avancement de -5 à +5 (-5 = en réflexion ; +5 = fini, évalué)

Ordonnées y : L’intégration du projet dans la politique publique du territoire (dans l’intention et l’action de la politique publique), de -5 (pas intégré) à +5 (tout à fait intégré)

Les participants se positionnent sur un axe cartésien tracé au sol en fonction de ces deux variables. Ils y déposent leur carton avec le nom de leur projet et l’évaluation de leur positionnement sur le graphe et expliquent leur positionnement. Quitte à le faire évoluer en fonction des arguments de positionnement des uns et des autres.

 

2.3. Présentation du contexte du projet « Air Climat Santé Société & Art » – cas particulier pour l’atelier participatif

Afin de pouvoir exercer un processus de simulation en conditions réelles, il s’agissait de retranscrire le grain du contexte territorial en considérant une forme d’idéal-type pour le test de l’ingénierie de la participation par les participants

Contexte général du projet RAP « Air climat Santé société & art » :

Le commanditaire du projet est l’ADEME. Le territoire pilote est l’Agglomération du Pays de l’Or dans l’Hérault en phase de diagnostic de son PCET et de réalisation de son PCAET.

Territoire type pour le test avec les participants :

Nous avons choisi une commune rurale d’environ 2000 habitants appartenant à l’Agglomération pays de l’or. Cette commune se situe à 20km entre Montpellier et Nîmes.

Elle est exposée aux rejets de l’usine de valorisation des déchets OCREAL à 3km. Cette usine est sur la commune de Lunel-Vieil qui dépend de la Communauté de commune de Lunel vieil.

La commune Valergues développe une offre importante d’arboriculture et de viticulture.

Les enjeux de mobilités sont importants sur cette commune qui bénéficie d’une gare reliant à Montpellier et Nîmes faiblement utilisée, expliquant l’engorgement important des axes routiers secondaires.

Enfin, les enjeux d’urbanisme et d’habitat sont majeurs sur cette commune type de l’Agglomération Pays de l’Or avec le développement des Zones d’Activités Mixtes et de nouveaux éco-quartiers réinterrogeant les problématiques de déplacements dans le cœur de ville et avec les communes voisines ainsi que les problématiques de reverdissement vs bétonisation.

 

Contexte sociopolitique :

L’équipe élue majoritaire est de droite (LR voire divers droite) comme le Président d’Agglomération. Les opposants sont présents dans les ateliers. Le Maire est présent dans les ateliers mais demeure absent dans les commissions d’élus sur le PCAET.

 

Politiques publiques reliées/ concernées :

Les enjeux du PCAET sont imbriqués dans un étau administratif et de cohérence des stratégies territoriales et des documents cadres avec des enjeux d’échelles d’application et de compétences territoriales.

Au niveau national la Loi Mobilité notamment est concernée par les enjeux de mobilités douces/vertes.

A l’échelle Régionale le SRADETT et à l’échelle intercommunale le PPA sont les documents de références et de planification d’actions.

A l’échelle locale, la commune type a décidé de mettre en place son Plan de Déplacement Doux compte tenu du fait qu’elle a gardé les compétences voirie et circulation. Elle questionne également son PLU notamment au travers de la stratégie inter SCoT et du PLUi de l’Agglomération de l’Or.

 

Acteurs présents aux ateliers : élus majoritaires, maire, élus opposants, association des jardins familiaux, association de pétanque, association de football, association des parents d’élèves, professions libérales, socioprofessionnels (restaurateurs, agriculteurs, vignerons, arboriculteurs), parents d’élèves, directeur de l’établissement scolaire.

 

Enjeux prioritaires identifiés par les habitants et élus depuis la rue et dans l’atelier : mobilités, déchets, végétalisation, agriculture.

 

Actions existantes ou arbitrées en 2019 sur la commune type : piste verte pour piétons, projet de ZAC, jardins familiaux, passerelles vélos entre future ZAC et centre-ville, ramassages des déchets sauvages (journées balisées).

Composts collectifs et plan de déplacement doux (PDD) en cours

 

2.4. Test de l’ingénierie de la participation avec jeux de rôle

L’objectif est triple :

co-construire des objectifs de politiques publiques, en fonction du contexte exposé comme s’ils étaient les citoyens du territoire,

tester et éprouver l’ingénierie de la participation renommée l’outil « marguerite d’Artivistes »,

identifier les conditions et critères de réplicabilité de l’ingénierie dans les projets de recherche action participative des participants à l’atelier.

 

Cadrage initial :

Dans le processus classique de l’ingénierie de la participation, les enjeux émanent de l’étape de mobilisation citoyenne et artistique dans la rue en amont des ateliers (cf. Compte-rendu du dispositif de rue Artivistes) et sont ensuite soumis à un vote de priorisation en fonction de critères co-construits avec les participants en atelier participatif. Enfin, les objectifs sont co-construits en atelier directement avec les participants.

 

Pour l’exercice, les enjeux et les objectifs reliés ont été pré-inscrits sur les supports de travail à partir de résultats de la commune-test. L’un des groupes travaille sur le thème de la mobilité et l’autre sur les déchets.

 

Enjeux Objectifs
Mobilités Développer les aménagements pour piétons et vélos en centre-ville et avec les communes voisines
Déchets A définir

 

Dans le processus classique des ateliers participatifs du projet « Air Climat Santé Société & art » nous observons une hétérogénéité des catégories d’acteurs, des genres et des tranches d’âge.

 

Catégories d’acteurs Habitants non investis dans des associations ou dans partis politiques Associatif (membre, président(e)) Elu majoritaire (maire) Conseillers municipaux (opposants et majoritaires) Agents techniques des institutions locales Professions libérales Agriculteurs, arboriculteurs, viticulteurs, maraichers

 

 

Design général de l’ingénierie de la participation Artivistes-atelier

Le design de l’ingénierie de la participation est conçu comme un outil pour décider ensemble et s’intègre dans le dispositif RAP. Cette ingénierie représente un outillage analytique de Recherche au service de l’Action et de la Participation. Nous exposons ci-dessous les différentes phases de cette ingénierie (Dosias-Perla, Scotto d’Apollonia, Blangy, 2019, p. 13) sur laquelle s’est appuyé l’exercice de simulation dans le cadre de l’école thématique CNRS.

La phase de diagnostic a permis de concevoir un design d’atelier participatif, une ingénierie de la participation permettant une co-construction de la politique publique tout en créant les conditions d’intégration des citoyens évitant les écueils du « participationnisme » (Aldrin, Hubé, 2016). Le diagnostic partagé a permis de créer un cadre référentiel commun notamment sur les enjeux de la participation, la place des chercheurs du projet et de la structure Artivistes, le rôle des acteurs locaux et des institutions dans la démarche générale. Ces aspects co-construits permettent de proposer une ingénierie de la participation avec un potentiel évolutif et adaptatif à chaque territoire.

L’ingénierie de la participation s’avère un outil pour décider ensemble efficace en vue d’une action environnementale. Elle permet de :

(i) co-construire des objectifs du territoire pilote sur la base des perceptions des enjeux ;

(ii) établir avec les acteurs l’état des lieux des actions et des projets existants ;

(iii) évaluer de manière démocratique et sur la base de critères co-construits l’efficacité des actions en cours ou passées ;

(iv) co-construire un plan d’actions intégrant les indicateurs d’efficacité ;

(v) programmer les actions en identifiant les acteurs clés et porteurs d’un plan d’actions à l’échelle communale et intercommunale avec des indicateurs de suivi et d’efficacité́ des actions dans le temps comme indiqué via les différentes étapes de l’Ingénierie.

Idéalement, l’ingénierie de la participation s’applique à des échelles micro-locales et bénéficie du dispositif de mobilisation artistique de rue Artivistes en amont des ateliers participatif en vue de potentialiser les effets de l’ingénierie. Pour autant, elle peut se décliner à différentes échelles administratives (municipalité, collectivité territoriale) et dans des contextes sociaux très différents indépendamment de la mobilisation citoyenne en amont (comme par exemple sur la commune de Lansargues, la mobilisation a été annulée pour raison d’intempéries importantes)[2].

Le design de l’ingénierie est découpé en trois étapes :

 

ETAPE 1 : Co-construction des bouquets d’actions (voir figure 1).

Les participants co-construisent des bouquets d’actions existantes ou non en évaluant leur efficacité sur une échelle de 0 (inefficace) à 5 (efficacité maximale) au moment de l’atelier et sur une échelle de temps dont ils déterminent la pertinence. Les échanges permettent de faire émerger les premiers freins et leviers à l’action. Un second atelier permet d’approfondir ces résultats dans une logique de planification.

Cette étape est le cœur de l’ingénierie, elle peut se décomposer en deux ateliers participatifs complémentaires. Le design du premier atelier central se décompose en huit étapes (voir schéma ci-dessous). Ces étapes permettent de co-construire les linéaments d’une politique publique : de l’identification d’actions à leur mise en œuvre en passant par l’évaluation de leur efficacité. Ce design est conçu pour permettre l’expression du dissensus et de réguler la conflictualité de manière positive, c’est à dire de laisser la place au débat et aux controverses en privilégiant la logique d’action. Sur le plan ontologique, les acteurs sont d’accord pour débattre de solutions à co-construire tout en acceptant les oppositions sur le plan axiologiques intégrant les aspects politiques, les normes et les valeurs tout en mobilisant un métissage des expertises celles des chercheurs présents et celles expérientielles des autres acteurs.

Sur le plan de la recherche il s’agit de construire des données de deux types : les productions écrites des participants et l’enregistrement des débats de chaque lors de l’atelier et idéalement doublé avec de la vidéo. De plus un observateur dédié par table de travail note sur son cahier toute une somme d’informations : les postures, l’usage des téléphones, les discours, le temps de prise de parole, etc. Lors des échanges informels autour des tables émergent les critères d’efficacité et les représentations d’efficacité des actions permettant d’atteindre l’objectif central. L’évaluation partagée est le socle de la planification des actions et préfigure l’étape 2.

 

Figure 1 Phase 1 de l’Ingénierie de la Participation pour l’élaboration des PCAET créée et développée par Davia Dosias Perla

 

DESIGN ETAPE 1 OBJECTIFS – DEROULE
Présentation Temps de cadrage et présentation des objectifs de l’atelier et du déroulé. Parfois l’exercice se fait avec la prise de parole d’experts, chercheurs, ou élus.
CHOIX DES ENJEUX A L’ECHELLE DE LA COMMUNE Les participants se lèvent et créent des familles d’enjeux qu’ils souhaitent traiter et se réunissent par table en présence d’un facilitateur Artivistes.

 

CO-CONSTRUCTION DES OBJECTIFS Autour de chaque table, les participants débattent librement et s’accordent sur un objectif à atteindre (les autres objectifs sont inscrits sur le bas de la feuille et pourront être traités ultérieurement. L’objectif est inscrit au centre du support.
CO-CONSTRUCTION DES ACTIONS Les participants débattent des actions à mettre en place ou à renforcer pour atteindre l’objectif. Ils tracent un rayon et écrive au bout du rayon l’action.
EVALUATION DES ACTIONS ET CRITERES DE SYIIVI

 

Les participants tracent sur chaque rayon une graduation de 0 à 5 correspondant et évaluent et indiquent l’efficacité de l’action à T0 (c’est-à-dire au moment de l’atelier) et suivant l’échelle de temps pertinente (par exemple T+1 = 1 an, T+5 = 5 ans) le niveau d’efficacité qui pourraient être atteint.
IDENTIFICATION DES ACTEURS CLES Les échanges ébauchent les prémisses de l’identification des acteurs intervenant dans la mise en œuvre et la réalisation de l ‘action. identification des délégations administratives.
CAROUSSEL

 

Les participants sont invités ensuite à tourner de table. Le facilitateur synthétise le travail effectué. Les participants peuvent amender, corriger ou ajouter des actions suivant le protocole défini précédemment. A intervalle de temps de plus en plus réduit l’ensemble des participants interviennent ainsi sur chaque enjeu.
SYNTHESE En plénière, un participant par enjeu synthétise le travail qui est librement commenté.

 

ETAPE 2 : Indentification pondérée des acteurs clés et co-construction d’indicateurs de suivi et d’efficacité des actions (cf. figure 2).

Cette deuxième étape permet d’identifier les acteurs clés et de leur positionnement dans la planification et la conduite de l’action. Le design de cette étape s’appuie sur un travail de recherche préalable (Dosias Perla et al., 2018).

Cette étape permet de créer les linéaments pour la traduction des bouquets d’actions citoyennes en plans d’actions publics aux échelles de la municipalité et de la collectivité territoriale. Ce travail est possible en suivant les étapes clés de cette deuxième étape et notamment en identifiant les différentes délégations de gestion, de contrôle, de suivi et de réalisation des actions.

 

 

Pour ce faire les participants suivent le design ci-dessous :

Design de l’étape 2 Objectif – déroulé
Synthèse de l’atelier 1 Amendements par les participants
Identification des acteurs clés par familles d’enjeu Identification de porteurs ou partenariats potentiels et analyse de leur degré d’influence sur l’action et des effets de l’action sur ces acteurs et l’institution.

Planification de la mise en œuvre des actions prioritaires et identification des indicateurs de suivi pour l’efficacité des actions.

Analyse des acteurs clés : stakeholder rainbow analysis
Identification des ressources et freins à l’action
Identification des indicateurs Co-construction des indicateurs permettant de déterminer l’efficacité des actions.
Mise en commun Stratégie partagée et validée par les participants. Suites à donner (traduction).

ETAPE 3 : Traduction dans les documents cadres

Cette étape consiste à traduire les actions en fonction des délégations de compétences et de services en regard des orientations stratégiques des communes et de la collectivité (échelle locale avec PLU, Plan de Déplacement ou de Mobilité, Stratégie Agenda 21 et au niveau du PCAET).

Sur le plan de la recherche, les débats portant sur la planification et l’efficacité des actions aux échelles locales permet d’interroger toute la complexité du millefeuille institutionnel. En effet, les différentes échelles de délégation émergent lors du processus propre à l’ingénierie et rendent compte de la complexité des logiques d’actions inhérentes à nos institutions.

Design de l’atelier de simulation de l’ingénierie :

 

 

Contexte réel de la commune-test :

A l’heure de l’atelier aucune infrastructure ou aménagement n’existe. Un projet de ZAC (Zone d’Activité Commerciale) va impacter les usages de transports et les décisions d’aménagement et les plans de circulation.

Enjeu de l’ingénierie dans ce cas de figure :

Les citoyens et les élus doivent co-construire un diagnostic partagé sur la base d’un état de l’existant (limites et apports).

Discussions autour de l’objectif pour faire un plan d’action :

Test de l’ingénierie et échanges avec l’animateur. Puis, à la fin du temps imparti, ils changent de table (et donc de thème), la personne ressource reste à la même table.

Les participants déroulent les différentes étapes en se répartissant suivant deux tables de travail sur lequel les enjeux sont déjà fixés « Mobilités » ou « Déchets ».

Les participants sont invités à prendre le rôle des acteurs qui participent à l’atelier. Sur la base de la première étape de l’ingénierie (voir figure page suivante) de la participation Artivistes-atelier, (qui se découpe elle-même en 8 étapes), les participants sont amenés à jouer les rôles des différents acteurs. Ils ont ainsi fixé un objectif et débattu des actions en évaluant l’efficacité au moment du débat et en projetant sur l’échelle de temps qu’ils estiment pertinentes l’efficacité de l’action. Les débats permettent de faire émerger les freins à la mise en place de l’action (en rouge) ainsi que les leviers (en bleu).

 

Enjeu : Mobilités. Objectif co-construit par les citoyens en atelier du projet ACS&ART « développer les aménagements pour piétons et vélos en contre ville et dans les communes voisines »

 2.5. Analyse et retours réflexifs sur l’ingénierie testée (étape 5)

Il s’agissait de faire un retour critique et réflexif sur l’ingénierie sur la base de son adaptabilité aux différents projets portés par les participants. Nous avons opté pour l’anonymat des personnes dans les retours d’expérience.

 

L’ingénierie conviendrait-elle à mon projet ? Et pour quelles raisons ?

Serait-il possible de répliquer l’ingénierie pour co-construire des protocoles de recherche qui l’intègrent et qui pourraient s’adapter aux contextes des différents projets dans un temps long ou court ?

 

L’outil ne conviendrait pas car :

(1) L’objectif visé pour un des porteurs de projet n’est pas le même et se limite aux aspects collaboration du R de la Recherche mais sans inscription dans le A de l’action.

=> limite des projets non inscrits en RAP.

(2) Il est non adapté pour les projets utilisant une plateforme ludique virtuelle et du marketing pour mobiliser les citoyens à une large échelle ça ne conviendrait pas. De plus, leur plateforme ne vise pas à s’ancrer à l’échelle d’un territoire mais à se propager à l’échelle globale.

(3) Il n’est pas adapté au projet ne faisant ni appel au collectif ni aux politiques publiques.

(4) Le contexte de son projet est trop différent car dans un pays du « Sud », où il y a beaucoup de facteurs autres et importants à prendre en compte : l’ethno-religion, le symbole, et cet outil est adapté et centré sur des contextes occidentaux.

 

Þ Dans le cadre de cet atelier les limites de l’outil sont inhérentes à la nature des autres projets parce qu’ils ne visent pas à la fois à s’inscrire dans une logique RAP et de décision politique. Les conditions d’applicabilité et de reproductibilité impliquent de développer le projet dans un contexte occidental et dans un processus d’institutionnalisation afin d’avoir une volonté d’ancrage fort dans les politiques publiques.

 

L’outil conviendrait car :

(1) Parce qu’il a une capacité à développer à la fois les trois composantes de la RAP, la Recherche, l’Action et la Participation.

(2) Il est particulièrement pertinent par sa capacité à permettre une jauge importante de participant facilement à la fois pour la Recherche et pour l’Action simultanément.

(3) L’ingénierie permet de réguler la conflictualité et de mettre l’ensemble des personnes autour de la table.

(4) L’outil stimule la créativité et permet une véritable co-construction. Ce design peut permettre de développer une phase de conception du projet afin de s’accorder entre participants et pour identifier en amont les critères visant à évaluer la réussite d’un projet (outil transposable aussi pour évaluer les objectifs)

(5) L’outil permet un montage efficace du projet.

(6) Il permet de réguler convenablement les asymétries de pouvoir.

(7) Sur le plan visuel il permet d’éclaircir des objectifs communs et le format de l’outil (sur fond noir) est classe. Ce pourrait être un outil intéressant pour clarifier sous forme de représentation graphique les leviers, freins et intérêts.

Þ De manière générale, l’ingénierie de la participation est reconnue pertinent à intégrer dans un dispositif de recherche visant à l’action en tenant compte des expertises individuelles et expérientielles. Cet outil de recherche est jugé pertinent par sa capacité d’adaptation aux contextes, aux enjeux et aux publics. Le rôle et la posture de la personne ressource est important. Aussi un besoin de formation par le projet est nécessaire.

2.6.  Proposition d’un plan pour l’article par les animateurs :

Le retour critique « pépites et râteaux » a permis d’ouvrir la discussion sur les éléments nécessaires à la co-rédaction d’un article sur la base de cet atelier. Il apparait nécessaire de faire un premier travail théorique afin de partager des articles scientifiques en commun. Bien que la majorité des participants aient déjà une certaine expérience dans la RAP, les projets, les approches théoriques et méthodologiques restent hétérogènes. Cela met en évidence un peu plus l’absence de cadre commun de référence qui illustre la diversité des pratiques mais tout autant un manque de structuration épistémologique du champ.

Les débats se sont alors orientés vers les conditions de mise en place, de (re)contextualisation et structuration en amont des projets afin de pouvoir intégrer ce type d’ingénierie. Ce dispositif RAP permet de développer une démarche d’approche compréhensive qui prend en compte l’expertise technique et l’expertise citoyenne, cependant l’aspect techniciste limite son applicabilité à la volonté de jouer le jeu de l’institutionnalisation ce qui n’est pas sans représenter des risques. De plus tous les participants ne partagent pas que le fait de prendre en compte tous les avis potentialisent de l’action et considèrent que l’expertise scientifique peut prévaloir dans certains cas.

Inversement d’autres participants n’ont pas une volonté d’instituer leur projet, préférant un modèle militant considérant que le rapport de force pour faire bouger les lignes plus efficacement. Cette question mérite un débat très large, le mouvement des gilets jaunes et la convention citoyenne pour le climat qui a suivi à l’automne 2019 met un peu plus en lumière la nécessité de questionner en profondeur les évolutions des modalités de régulation des prises de décisions politiques encore fortement ancrées dans un modèle représentatif qui atteint ses limites. Cependant comme ne pas tomber dans le biais de la conférence citoyenne, mainte fois mis en avant dans de nombreux travaux critiques. Un participant met en perspective les potentiels effets positifs de la digitalisation comme outil démocratique et ouvre le débat sur la place et le rôle des Civic Tech.

 2.7. Bilan :

L’objectif initial de l’atelier a été modifié en raison d’une très grande hétérogénéité des projets. Si globalement, le test de simulation permet de confirmer la robustesse de l’ingénierie et sa pertinence dans le cadre du projet Artivistes-atelier, il met tout autant au jour les limites de son champ d’application sur le plan de l’action. En effet, les logiques d’engagement et de volonté d’action visant une institutionnalisation du dispositif RAP ne vont pas de soi. De plus sur le plan de Recherche, les résultats de cet atelier soulignent un peu plus fortement le fait que les sciences humaines et sociales en encore plus la RAP ont du mal à poser leurs critères de scientificité. L’ambition est de faire valoir la RAP dans le champ scientifique demande aux acteurs pratiquant la RAP un effort critique et réflexif en interne. Ce type d’ingénierie apparait comme un outillage analytique heuristiquement fécond à la fois sur le plan de la Recherche de l’Action et de la Participation et permet de nourrir le débat sur la RAP du futur. Elle permet de sortir de la logique du tool kit et de s’inscrire pleinement dans une perspective de Recherche tout en potentialisant les aspects Action et Participation. La délimitation de son champ d’applicabilité et de réplicabilité permet d’offrir une base comparative de construction des données suffisamment homogène pour nourrir l’analyse de la fabrique participative des politiques publiques sur les enjeux climatiques.

[1] Nous définissons l’agir climatique comme une déclinaison de l’agir environnemental (Bertrand, 2012 ; Larrère, Larrère, 2015), c’est-à-dire un agir politique qui se distingue de l’agir technique en prenant en compte à la fois la fabrique et le pilotage des politiques publiques.

 

[2]Cette ingénierie avec la phase de mobilisation en amont a été transposée dans le cadre de l’accompagnement des marches pour le climat et des débats lycéens et du mouvement Youth for Climate et permis de développer au printemps 2019 un dispositif éducatif Artivistes qui sera pilote à l’échelle de l’Académie Occitanie (2019-2020).

 

POUR RAPPEL: LA RECHERCHE ACTION PARTICIPATIVE AU COEUR DES  SCIENCES EN SOCIÉTÉ:  BILAN – ENJEUX – PERSPECTIVES

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Nous avons le plaisir de vous annoncer la tenue de l’école thématique « recherche action participative », AU COEUR DES SCIENCES EN SOCIÉETÉ. BILAN – ENJEUX – qui se tiendra du 1 au 5 juillet 2019 à Mèze au bord de l’étang de Thau dans le village Village Club Thalassa.

L’école thématique 2019 se déclinera en deux temps : 1 ou 2 jours de formation à la RAP suivi de 4 jours d’ateliers en co-production en mode RAP.

Les pré-inscriptions sont ouvertes jusqu’au 17 mai 2019 sur le lien suivant : https://ecolethematique.sciencesconf.org/registration/index selon les modalités précisées sur la page de cet événement.

Dans le formulaire d’inscription merci de préciser si vous souhaitez proposer une offre de formation le lundi et l’animation d’un atelier en coproduction du mardi au vendredi.

Les candidatures seront examinées par un comité de sélection. Les animateurs des ateliers sélectionnés seront accompagnés dans le design et l’animation de leur atelier. L’offre d’atelier sera retenue si le nombre de participants est suffisant.

Le planning définitif de cet événement qui a reçu le soutien du CNRS sera en ligne sur le site de sciencesconf dès que nous aurons sélectionné les ateliers en co-production.

Au plaisir de vous rencontrer

Comment développer une ingénierie et une science de la participation?

 Objectifs : Cette nouvelle école thématique 2019 sera orientée vers la co-construction, le réseautage et l’approfondissement des moyens habiles de la RAP. Elle permettra également de proposer des temps de partage et de travail collectif autour de projets de recherche en cours, de mener à bien des ateliers de co-production et de design d’événements tout en créant de nouvelles alliances. Il s’agit donc de renforcer la communauté de la RAP et des sciences citoyennes au niveau national tout en mettant en réseau des acteurs expérimentés en vue d’apprendre et de collaborer dans une synergie multipartite.

Contexte : L’école thématique 2019 fait suite à celle de 2016. En 2016 nous avons réuni 50 personnes dont 13 doctorants sur 5 jours. L’école a été animée tout le long par Jacques Chevalier qui nous a apporté un cadre et des fondements théoriques, puis guidé dans des ateliers parallèles et accompagné dans une réflexion sur la RAP du futur. L’école a permis de faire avancer et de consolider les pratiques liées à la RAP (Recherche Action Participative) en France, en rassemblant et en fédérant des chercheurs et acteurs clés ayant de l’expérience dans ce domaine. Le format proposé se voulait innovant par rapport aux formations « classiques ».

Nous avons donné la priorité au partage et à l’échange et aux ateliers de travail en groupe. Nous avons focalisé notre réflexion à partir des projets de chaque participant et de leurs interactions en utilisant les techniques de la RAP. Cherchant à proposer une démarche résolument participative et à s’extraire de l’exposé des savoirs de chacun, il s’agissait ainsi de partager nos acquis et de mettre en débat les difficultés rencontrées et les limites identifiées.

Un documentaire de 8 mn a été produit par Pascaline Bourgain

Voici le lien sur Youtube.

Lieu:

Village Club Thalassa – 13 Rue Méditerranée – 34140 Mèze (étang de Thau) Au bord de l’étang de Thau

Coût: Ecole thématique

Etudiants (Doctorants):   250€ TTC – Associations: 450€ TTC – Chercheurs extérieurs: 900€ TTC – Formation professionnelle: 1200€ TTC

Coût: Formation RAP optionnelle

Participants (tarif unique) :   100€ TTC

Durée: 5 jours

L’inscription à l’école thématique correspond à un engagement de 5 jours répartis en deux temps, soit 1 jour de formation suivi de 4 jours de co-production.

 Sélection:

Le nombre de places est limité à 50, Les participants seront sélectionnés en fonction des renseignements portés sur la fiche de pré-inscription et les réponses à l’appel à projet en lien avec les ateliers de co-formation et ceux de co-construction.

Contacts:

Sylvie Blangy : sylvie.blangy@cefe.cnrs.fr

ecolethematiquerap@gmail.com

CONTENU

L’école thématique 2019 se déclinera en deux temps : 1 jour de formation à la RAP suivi de 4 jours de co-production et d’ateliers.

I-Formation (de 1 à 2 jours) :

Jacques Chevalier et Michelle Bourassa animeront la journée de formation avancée du lundi (obligatoire) et nous proposent une journée introductive optionnelle à la RAP le dimanche avant le démarrage de l’Ecole thématique pour ceux qui souhaitent se mettre à niveau.

Dans un deuxième temps, du mardi au vendredi, des ateliers seront proposés autour des problématiques identifiées précédemment dans l’appel à projet.

II-Ateliers en co-production (4 jours) :

Les candidats soumettent un projet qui sera examiné par un comité de sélection. Les animateurs des ateliers sélectionnés seront accompagnés dans le design et l’animation de leur atelier. Une liste des thèmes possibles est proposée ci-dessous

Ateliers de co-productions possibles :

  • Design d’événements à venir et combo de techniques
  • Création et test de dispositifs stables
  • Développement d’un réseau et d’ententes de collaboration
  • Conception ou évaluation de programmes de sciences citoyennes
  • Création de plateforme numérique de recherche en ligne
  • Résolution de problèmes (trouble shooting, en contexte)
  • Montage et ingénierie de projet en vue d’une demande de subvention
  • Analyse de pratiques (aspects cliniques de la RAP)
  • Co écriture dans le but de diffusion (poster, mémoire, thèse, article, livre)
  • Conception d’un enseignement (universitaire, secondaire) en mode RAP

Page web de l’école Thématique : http://websie.cefe.cnrs.fr/gdrparcs/?p=110

 

Manifeste : Notre société est confrontée aujourd’hui à des crises majeures (changement climatique, perte de la biodiversité, crise économique, épidémies, …) dont la résolution nécessitera l’implication pleine et entière des citoyens. L’engagement aux côtés de chercheurs pour réfléchir ensemble aux questions sociétales et imaginer des solutions est la clé pour devenir acteur des décisions prises et ainsi passer à l’action.           Dans ce contexte, une nouvelle éthique des relations entre Science et Société se dessine, et les nombreux qualificatifs qui peuvent être regroupés sous l’expression « Sciences Participatives » prennent tout leur sens : il ne s’agit plus d’extraire les observations ou connaissances du citoyen afin d’alimenter la base de données du chercheur, mais bien de co-construire avec le citoyen des projets de recherche adaptés dont le déroulé sera caractérisé par une collaboration permanente aboutissant à une meilleure compréhension des phénomènes et à l’élaboration conjointe de solutions, condition pour une acceptation sociétale efficace. GDR PARCS

Modalités d’inscription :

Les pré-inscriptions se font en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://ecolethematique.sciencesconf.org/registration/index

La date limite de pré-inscription est fixée au 30/04/2019

En cas d’annulation moins de 10 jours avant le début de l’école thématique, l’intégralité du montant de l’inscription ne sera pas remboursée. Les inscriptions et règlements se feront une fois les candidatures acceptées, par le biais du site Sciencesconf et de ColloqueAzur. Nous vous informerons de la procédure à suivre par mail.

Comité scientifique :

Sylvie Blangy- Bertrand Bocquet – Michelle Bourassa – Jacques Chevalier – Isabelle Chuine – Davia Dosias-Perla –   Jean- Michel Fourniau- Xavier Hulovens- Jean-Marc Lange- Christian Michelot – Pascal Monestiez – Véronique Planchot – Christian Reynaud – Christophe Roturier – Lionel Scotto d’Apollonia –Delphine Sicard-

Comité d’organisation :

Clément Barniaudy – Sylvie Blangy- Bertrand Bocquet – Michelle Bourassa – Jacques Chevalier- Gaëlle Darmon – Simon De Muynck -Paula Dias – Davia Dosias-Perla –   Martine Legris – Pascal Monestiez –  Véronique Planchot- Christian Reynaud – Lionel Scotto d’Apollonia – Delphine Sicard- Emmanuelle Sultan – Etienne Toffin – Frédéric Torterat –

Les outils et méthodes pour mener de tels projets existent et ont démontré leur efficacité. Ils sont réunis sous le nom de « Recherche Action Participation« , ou « RAP« , que l’on pourrait aussi appeler sciences citoyennes engagées. L’expression « Recherche-Action Participative » nous semble la plus adaptée pour désigner l’ensemble des dispositifs concernés, puisqu’elle admet toutes les variations dans les trois dimensions caractéristiques de ces approches (production de connaissance par la RECHERCHE, application à des problématique concrètes dans l’ACTION, et implication des citoyens à travers leur PARTICIPATION à toutes les étapes).